Tous les musées sont égaux, mais certains plus que d’autres

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1. Un tableau du Louvre à l’exposition Camille
Corot, actuellement au Musée Marmottan,
sans aucune mise à distance
Photo : La Tribune de l’Art
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Les visiteurs de l’exposition Corot au Musée Marmottan (dont nous parlons dans cet article) peuvent circuler au cœur d’une muséographie fluide qui exploite au mieux cet espace assez peu commode, car trop étroit.

Mais ceux qui ont l’habitude de voir un peu partout dans les autres musées des mises à distance devant les tableaux du Louvre (et souvent uniquement devant les tableaux du Louvre) ne manqueront pas d’être surpris. Ici, malgré l’exiguïté des lieux qui rend plus risqué qu’ailleurs le passage des visiteurs, aucune œuvre du Louvre ne se voit affublée de cet ustensile complètement inutile, sinon nuisible, puisqu’il ne protège de rien et risque au contraire de faire tomber les gens, voire de les précipiter dans les toiles.

Tous les responsables de musées pourront pourtant le confirmer : aucune peinture du Louvre ne peut être exposée sans barrière, selon ce qu’on pourrait appeler l’ « axiome d’Allard », qui répond à celui de Salmon dont nous parlions dans cet autre article, qui postule que toute œuvre du Louvre (ici les tableaux, là les dessins) est forcément plus fragile et plus précieuse que celles des autres musées.
Difficile de ne pas voir dans cette attitude une forme de complexe de supériorité, voire de mépris.


2. La Diseuse de bonne aventure par Nicolas Régnier
du Louvre, dans la rétrospective actuellement à Nantes
Photo : Didier Rykner
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3. Rétrospective Jean-François Millet qui s’est récemment
tenue au Musée des Beaux-Arts de Lille
À gauche, Un Vanneur, tableau de la National Gallery
À droite, Un Vanneur, tableau du Louvre
Photo : Didier Rykner
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Difficile surtout de comprendre pourquoi le Musée Marmottan bénéficie exceptionnellement d’un tel privilège, que n’avait pas eu par exemple le Musée des Beaux-Arts de Lille pour l’exposition Millet (ill. 3), qui présentait pourtant des tableaux très proches quant à la taille, la datation, ou même les sujets et qui, malgré de grandes salles, avait dû également installer ces mises à distance.

À moins que la raison ne soit à rechercher dans le nom du commissaire de cette exposition, qui n’est autre que Sébastien Allard, le directeur du département des peintures du Louvre [1]. Il s’est donc accordé ce qu’il refuse aux autres : des tableaux sans barrières. N’est-ce pas aimable de sa part ?

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