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Dessiner pour bâtir, le métier d’architecte au XVIIe siècle

Paris, hôtel de Soubise, Musée des Archives nationales, du 13 décembre 2017 au 12 mars 2018.

1. Vue de l’exposition Dessiner pour bâtir
Photo : Didier Rykner
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Le 17 février 1678, Gabriel Le Duc était condamné pour malfaçons et pour « avoir fait acte de maître ». Cet architecte peu connu mais très actif auprès des couvents parisiens n’avait, bien que fils de maître-maçon, pas suivi le cursus indispensable pour obtenir ce statut. Jusqu’à la Révolution les maîtres devaient en effet justifier de plusieurs années d’apprentissage auprès d’un autre maître, puis devenir compagnon et enfin passer un examen débouchant sur l’exécution d’un « chef-d’œuvre ». En l’absence d’une telle formation, il était interdit d’entreprendre un chantier, c’est-à-dire de « passer un marché avec un client pour l’exécution entière d’un ouvrage relevant de son métier ».

L’exposition remarquable que présente les Archives nationales commence ainsi (ill. 1), par la définition des différents corps de métier qui président à l’art de construire au XVIIe siècle, avant de s’intéresser à la figure de l’architecte : comment se formait-il, comment travaillait-il et quel était son rôle exact dans la construction d’un édifice. On ne peut ici dissocier le catalogue de l’exposition, car le premier est l’exact reflet de la seconde. À l’heure où l’existence même du catalogue d’exposition est souvent mise en cause par certains musées, qui croient qu’un simple album peut en faire office, il faut souligner combien celui-ci est (presque) parfait. De courts essais introduisent chacun des chapitres qui suivent exactement le parcours. Chaque œuvre exposée fait l’objet d’une notice qui permet le développement d’un discours cohérent et logique. L’exposition n’est pas la réunion arbitraire d’œuvres en relation plus ou moins proche avec son sujet, elle est une construction intellectuelle qui se retrouve exactement dans l’ouvrage. S’il n’y a sans doute pas une seule manière d’écrire un catalogue d’exposition, celle-ci est certainement la plus juste et la plus pertinente. Remarquons toutefois - d’où notre légère réserve - l’absence regrettable de bibliographie et d’historique des œuvres dans les notices.
Après un prologue consistant en une galerie de portraits peints d’architectes majeurs du XVIIe siècle, le discours s’articule en trois parties : « Le métier d’architecte », « Le dessin, expression du projet » et « Le chantier ». Les œuvres présentées sont suffisamment variées pour maintenir l’intérêt constant - ce qui n’est pas toujours facile dans les expositions d’architecture - en s’appuyant sur des œuvres belles et rarement vues. Beaucoup de découvertes sont exposées ici pour la première fois.

2. François Derand (1591-1644)
L’Architecte des voûtes ou
l’art des traits
[...]
Paris, chez Sébastien Cramoisy,1643
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La différence entre maître-maçon et architecte apparaît clairement dans la première partie : le maître-maçon est encore un artisan, tandis que l’architecte aspire à une reconnaissance plus intellectuelle. Il est un…

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