Un chef-d’œuvre du symbolisme suédois acheté par le Musée d’Orsay

Gustaf Fjaestad (1868-1948)
Arbres gelés au crépuscule
Huile sur toile - 110 x 132 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : Galerie Michel Descours
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14/5/18 - Acquisition - Paris, Musée d’Orsay - Le Musée d’Orsay, décidément, s’intéresse aux déclinaisons du symbolisme dans les pays d’Europe du Nord : les Pays Baltes tout d’abord, dont il révèle les « âmes sauvages » dans sa nouvelle exposition (article à venir), et puis la Suède, avec cette toile de Gustaf Fjaestad récemment acquise auprès de la galerie Michel Descours, grâce à un don de la Société des Amis des musées d’Orsay et de l’Orangerie.
L’œuvre, que nous avions repérée lors de la première édition de Fine Arts Paris (voir l’article), traduit un paysage gelé dans une lumière dorée (ill. 1). La touche divisionniste, la stylisation des motifs et le point de vue audacieux, avec ces arbres placés au premier plan qui envahissent une grande partie de la toile, bleus, fantomatiques, figés dans la glace, confèrent un certain mystère, voire une dimension mystique à cette nature sauvage. L’artiste était d’ailleurs visible dans une précédente exposition du musée d’Orsay « Au-delà des étoiles. Le paysage mystique de Monet à Kandinsky », dont le principal intérêt était justement de faire découvrir ces peintres du nord au public français (voir l’article).

2. Gustaf Fjaestad (1868-1948)
Fauteuil, vers 1900
Bois (pin) sculpté - 87 x 70 x 57 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : RMN/P. Schmidt
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Après s’être formé à l’Académie des beaux-arts de Stockholm et avoir fréquenté Bruno Liljefors et Carl Larsson - avec lequel il décora le Musée national de Stockholm - Gustaf Fjaestad fonda en 1898 le groupe de Racken, réunissant des peintres désireux de traduire une nature spécifiquement suédoise. Il multiplia quant à lui les représentations de paysages enneigés, qu’il exposa par la suite aux Etats-Unis, plus précisément à Buffalo en 1913, en compagnie d’autres artistes scandinaves, tels que Willumsem et Strindberg. Leur manière de peindre de grands espaces froids et sauvages suscita l’admiration d’artistes Canadiens qui créèrent le Groupe des Sept en 1920.

Gustaf Fjaestad ne fut pas seulement un peintre de renom - il fut aussi un cycliste réputé et un patineur détenteur d’un record du monde, mais c’est une autre histoire -, il dessina en outre des modèles de tapisserie et sculpta du mobilier. Le musée d’Orsay possède d’ailleurs un fauteuil (ill. 2), également acquis auprès de la galerie Michel Descours en 2014 et dont nous n’avions pas parlé. Voici cet oubli réparé.

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