Les clés de voûte sculptées de Brou, un grand chantier à venir

7/5/18 - Patrimoine - Bourg-en-Bresse, Monastère royal de Brou - Le monastère de Brou, qui abrite le Musée des Beaux-Arts de Bourg-en-Bresse et dont la tutelle est partagée entre la Ville et le Centre des Monuments Nationaux, est un établissement très actif qui, malgré un maigre budget d’acquisition, réussit à augmenter régulièrement ses collections (voir cette brève du 5/2/18) pour le dernier achat récent), organise de bonnes expositions (nous parlerons bientôt de celle qui ouvre sur les primitifs flamands), restaure le monument et ouvre de nouveaux espaces d’expositions (nous en parlerons aussi prochainement).


1. Voûte de l’église du monastère de Brou où l’on
voit la structure en fer où est fixée la clé de voûte
Photo : Didier Rykner
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2. Clés de voûte stockées dans une chapelle de l’église
du monastère de Brou
Photo : Didier Rykner
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L’un des chantiers les plus excitants n’est pourtant encore qu’un projet, qui attend pour l’instant dans les chapelles de la collégiale. Toutes les clés de voûte sculptées, qui datent des années 1527-1530, ont en effet été déposées (ill. 1 et 2) après que l’on s’est aperçu que ces clés, indépendantes de l’architecture et suspendues à des fixations en fer, avaient beaucoup souffert, les infiltrations d’eau ayant au cours du temps fait rouiller en partie le métal et éclaté les pierres.
Sur environ 240 clés de voûte, 140 subsistent, toutes d’origine, certaines polychromes (celles qui surplombent la chapelle de Marguerite d’Autriche) sans que l’on sache s’il s’agit d’une couleur d’origine ou ajoutée au XIXe siècle.


3. Clés de voûte stockées dans une chapelle de l’église
du monastère de Brou
Photo : Didier Rykner
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4. Clé de voûte polychrome de
l’église du monastère de Brou
Photo : Didier Rykner
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5. Clé de voûte polychrome de
l’église du monastère de Brou
Photo : Didier Rykner
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On ne sait en réalité pas grand chose de ces sculptures que l’on peut ainsi découvrir de près, et leur étude sera sans doute passionnante. Elles sont, malgré les désordres qui ont entrainé leur dépose, assez bien conservées, et pour certaines de très belle qualité. On y voit des personnages, des animaux fantastiques et des symboles. Parmi ceux-ci on remarque notamment des croix de Saint-André bourguignonnes, des briquet et les monogrammes P et M (pour Philibert et Marguerite), soit les mêmes emblêmes que ceux que l’on trouve sur les tombeaux du chœur.

Si la dépose a pu être faite soigneusement, l’étude complète et la restauration de cet ensemble de clés de voûte, travaux dont on ne connaît pas encore le coût, ne sont pour l’instant pas financés. Espérons que des crédits pourront rapidement être débloqués et qu’une recherche de mécénat (pourquoi pas une souscription permettant d’adopter une clé de voûte ?) permettront de les lancer rapidement.

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