Un portrait de Federico Madrazo offert au Prado

Federico de Madrazo y Kuntz (1815-1894)
Josefa del Águila y Ceballos,
future marquise d’Espeja
, 1852
Huile sur toile - 220 x 130 cm
Madrid, Museo Nacional del Prado
Photo : Prado
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16/5/18 - Acquisition - Madrid, Musée du Prado - Federico de Madrazo y Kuntz fut le grand portraitiste du XIXe siècle espagnol ; c’est l’un de ses chefs-d’œuvre qui a été donné au Musée du Prado en avril dernier : le portrait de Josefa del Águila Ceballos future marquise d’Espeja, daté de 1852, retravaillé en 1854.

Fils de José de Madrazo, peintre néoclassique réputé, Federico se forma à l’Académie royale de San Fernando vers 1831 avant de se rendre à Paris où il séjourna plusieurs fois entre 1833 et 1839. Il y rencontra Ingres dont l’influence est particulièrement sensible dans le portrait de Amalia de Llano y Dotres, et peignit pour la Galerie des Batailles à Versailles, Godefroy de Bouillon élu roi de Jérusalem. Il partit pour Rome et revint finalement à Madrid en 1842, menant alors une brillante carrière : portraitiste à la cour du roi, il comptait parmi ses clients toute la haute société espagnole, il fut aussi directeur du Musée du Prado, puis de l’Académie de San Fernando en 1866.

Le portait de Josefa del Aguila, que le public avait pu admirer lors de l’exposition monographique de 1994 [1], est resté dans la famille du modèle jusqu’à ce jour. Alicia Koplowitz l’a acheté 300 000 euros, par l’intermédiaire de la galerie Caylus, puis donné au Prado qui fêtera ses 200 ans en 2019. Mécène fidèle, Alicia Koplowitz est aussi une collectionneuse avertie, comme l’a montré l’exposition du Musée Jacquemart-André l’année dernière (voir l’article).

L’artiste a peint une multitude de portraits de femmes, souvent présentées assises dans un intérieur. Celui de Josefa del Águila montre le modèle en pied, sur une terrasse devant un jardin. La pose et la composition avaient déjà été utilisées pour le portrait de Leocadia Zamora y Quesada peint en 1847 (collection particulière), tandis que le même jardin sert de cadre au portrait de Bárbara de Bustamante y Campaner réalisé plus tard en 1858 (collection particulière).
Le tableau nouvellement acquis a rejoint de nombreuses autres peintures du maître dans les collections ; la confrontation de certaines d’entre elles dans une même salle les met en valeur. Le portrait de Sabina Seupham Spalding a des tonalités chaudes - le velours cramoisi de la robe, le ciel rougeoyant - alors que celui de Josefa del Águila se distingue par son camaïeu de blancs : la peau de la jeune femme, la dentelle de sa robe, la soie de son châle enroulé autour du bras - un motif récurent dans les toiles du maître - dont les différentes textures sont rendues avec une virtuosité indéniable.

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