Un vase de Barbedienne acquis par le Musée d’Orsay

1. Ferdinand Barbedienne (1810-1892), Louis-Constant Sévin (1821-1888) et Désiré Attarge (1821-1878)
Vase canthare - 1867
Cuivre et bronze, doré, argenté, patiné et bruni - 44 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : Galerie Neuse
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22/1/20 - Acquisition - Paris, Musée d’Orsay - Bien connue des visiteurs de la TEFAF de Maastricht, la galerie Neuse de Brême avait fait l’évènement à Paris au deuxième semestre de l’année passée en organisant, dans les salons de la galerie Aveline, une extraordinaire exposition dédiée aux chefs-d’œuvre des Expositions universelles (voir l’article). Parmi de nombreuses merveilles dignes de rejoindre les plus grands musées, on pouvait y admirer plusieurs créations de la Maison Barbedienne dont un spectaculaire cabinet néo-Renaissance exposé sur le stand de Barbedienne à l’Exposition universelle de Londres en 1862 ainsi qu’un superbe vase antiquisant (ill. 1) réalisé en 1867 par Ferdinand Barbedienne. En septembre dernier, nous terminions notre recension de l’exposition en formant le vœu de voir quelques-unes des pièces exposées enrichir les collections des musées. C’est désormais chose faite : le fameux vase canthare a récemment été acquis par le Musée d’Orsay, où il devrait être présenté au public dès le mois de février.


2. Ferdinand Barbedienne (1810-1892), Louis-Constant Sévin (1821-1888) et Désiré Attarge (1821-1878)
Vase canthare - 1867
Cuivre et bronze, doré, argenté, patiné et bruni - 44 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : Galerie Neuse
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3. Ferdinand Barbedienne (1810-1892), Louis-Constant Sévin (1821-1888) et Désiré Attarge (1821-1878)
Vase canthare - 1867
Cuivre et bronze, doré, argenté, patiné et bruni - 44 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : Galerie Neuse
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Comme son nom l’indique, ce vase canthare tire son inspiration de l’antiquité grecque : le canthare désigne une forme de vase à vin caractérisée par ses deux anses verticales hautes. L’allure formelle du vase canthare est aussi antiquisante que son répertoire décoratif : la face principale (ill. 2) accueille une scène galante avec deux personnages installés sous une vigne dont les pampres, traitées en fort relief, vont jusqu’à envahir le décor géométrisant du col du vase tandis que l’autre face (ill. 3) est ornée d’une branche de palmier entremêlée avec une couronne de laurier.

Ce chef-d’œuvre des arts décoratifs du Second Empire porte non seulement la signature du prolifique bronzier que fut Ferdinand Barbedienne mais également celles de son ornemaniste le plus célèbre, Louis-Constant Sévin, et du ciseleur Désiré Attarge, dont on disait qu’il transformait le bronze en or par la perfection de son travail. Incrustée d’or et d’argent, revêtue d’une superbe patine, cette pièce d’exception constitue en effet une grande réussite technique. L’association des trois noms de Barbedienne, Sévin et Attarge est volontiers associée aux plus belles réalisations du bronze d’art français du XIXe siècle, même si Ferdinand Barbedienne se rendit d’abord célèbre pour ses reproductions des travaux des plus grands sculpteurs modernes. On lui doit en effet un grand nombre de réductions d’œuvres d’artistes comme Rude, Carrier-Belleuse, Barye ou Frémiet mais la Maison Barbedienne se spécialisa aussi dans le bronze d’ameublement, réalisant une des plus parfaites alliances entre art et industrie, comme les incarnaient les Expositions universelles.

Puisant volontiers dans les formes et les ornements antiques, Barbedienne réalisa de nombreuses œuvres inspirées des dernières découvertes de l’archéologie gréco-romaine et fut également chargé de produire des bronzes d’ornements pour la mythique maison pompéienne du prince Napoléon, avenue Montaigne, dont le célèbre tableau de Gustave Boulanger (ill. 4) légué par sa sœur la princesse Mathilde est également conservé au Musée d’Orsay : on imagine sans peine le vase canthare installé dans un tel décor.


4. Gustave Boulanger (1824-1888)
Répétition du "Joueur de flûte" et de la "Femme de Diomède" chez le prince Napoléon - 1861
Huile sur toile - 83 x 130 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : RMN-GP/H. Lewandowski
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5. Louis-Constant Sévin (1821-1888) pour la Maison Barbedienne
Rhyton à tête de renard - vers 1862
Argent fondu, repoussé et ciselé - 19 x 21,5 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : RMN-GP/ H. Lewandowski
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Le Musée d’Orsay possédait déjà plusieurs pièces de Barbedienne dont cet iconique rhyton (ill. 5) à tête de renard acquis en 2005, où l’on observait déjà un décor de pampres de vigne et de grappes de raisin. Probable trophée de chasse ou de courses offert à un aristocrate hongrois, cette pièce également inspirée d’une forme de vase antique a certainement été imaginée par Louis-Constant Sévin et ciselée par Désiré Attarge, au service de la Maison Barbedienne qui participa aussi au renouveau de l’émail, comme en témoignent les fameux vases dits « byzantins » dont une paire est également conservée au Musée d’Orsay.

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