Une nature morte de Vallayer-Coster pour le Kimbell Museum of Art

Didier Rykner

7/3/19 - Acquisition - Fort Worth, Kimbell Museum of Art - La galerie Wildenstein, dont nous avions signalé le stand remarquable lors de la dernière Tefaf de New York (voir l’article), y présentait notamment une nature morte d’Anne Vallayer-Coster. Cette œuvre vient d’être acquise par le Kimbell Art Museum de Fort Worth.


Anne Vallayer-Coster
Nature morte aux maquereaux, 1787
Huile sur toile - 49,5 x 61 cm
Fort Worth, Kimbell Art Museum
Photo : Kimbell Art Museum
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Une des rares femmes à avoir été admise à l’Académie royale de peinture et de sculpture, Vallayer-Coster se spécialisa dans les portraits et, surtout, les natures mortes. Elle fut l’élève de la peintre de fleurs Madeleine Basseporte, connue pour ses quelque cinq cents vélins conservés au Muséum d’Histoire Naturelle, et sans doute de Joseph Vernet qui était proche de son père, l’orfèvre Joseph Vellayer. Si elle fut influencée à ses début par Chardin, son art évolua vers une manière plus lisse, plus porcelainée, avec des nuances de couleurs extrêmement raffinées. Le Louvre a su acquérir en 1992 l’un de ses grands chefs-d’œuvre, Panaches de mer, lithophytes et coquilles.

Les coloris du tableau acquis par Fort Worth sont moins vifs que ceux de ce dernier tableau puisqu’il s’agit d’une composition presque monochrome, à la dominante argentée, où elle fait preuve d’une grande subtilité dans la juxtaposition des tons. L’œuvre montre l’influence qu’eut également l’art néerlandais sur Vallayer-Coster comme sur de nombreux peintres français du XVIIIe siècle. Cette nature morte n’est pas sans évoquer les tableaux de sujet proche d’artistes comme Willem Kalf.

Faut-il, dans cet achat, voir un premier résultat de l’arrivée de Guillaume Kientz à Fort Worth comme conservateur en chef chargé de l’art européen (voir la brève du 19/1/19) ? Il est certain en tout cas que celui-ci suit de très près le marché de l’art et a toujours montré un goût prononcé pour les acquisitions. La politique d’achat du Kimbell Art Museum a souvent été malthusienne, réservant en général ses rares achats à des tableaux chers par les plus grands maîtres de la peinture (rien moins, depuis les débuts de La Tribune de l’Art, que Bernin, Cranach, Donatello, Turner, Michel-Ange, Guerchin, Poussin, Ruisdael...). Nul doute que dans les prochaines années sa collection ne s’enrichisse aussi, comme ici, de nombreux chefs-d’œuvre par des artistes peut-être parfois moins connus, mais souvent non moins admirables. Anne Vallayer-Coster méritait, sans aucun doute, sa place dans le musée texan, qui lui a par ailleurs été assurée par la générosité de Sid R. Bass qui a financé l’acquisition en l’honneur de Kay and Ben Fortson.

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