Une esquisse de Charles Le Brun rejoint les collections de Versailles

5/2/20 - Acquisition - Versailles, Musée du Château - Présentée comme une scène mythologique d’un peintre anonyme du XIXe siècle, à peine estimée 4000 couronnes danoises (535 euros) lors d’une vente organisée par Bruun Rasmussen à Copenhague, le 25 mars 2019, cette toile était en réalité de la main de Charles Le Brun et n’a pas échappé à quelques regards avisés. Elle portait au revers une étiquette avec deux inscriptions peu claires qui pourraient être interprétées comme « Espagne » et« Le Brun », et qui auraient dû en tout cas servir d’indice pour identifier l’iconographie de l’œuvre.
Les enchères se sont emballées et la peinture a été adjugée 996 000 couronnes (environ 133 270 euros). Elle a finalement rejoint les collections du château de Versailles qui l’a acheté auprès de Benjamin Peronnet en novembre dernier.


Charles Le Brun (1619-1690)
L’Espagne défaite, vers 1684
Huile sur toile - 46,3 ; L. 97,3 cm.
Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Photo : Château de Versailles
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Il s’agit d’une esquisse préparatoire pour L’Espagne défaite dans le Salon de la Guerre, situé à l’extrémité de la Galerie des Glaces, dont le chantier dirigé par Hardouin-Mansart commença en 1678 et la décoration, par Charles Le Brun, fut achevée en 1686. Le plafond est orné en son centre de La France foudroyant son ennemie, entourée de trois lunettes qui évoquent les défaites de l’Espagne, de l’Allemagne et de la Hollande ; une quatrième montre la déesse de la guerre, Bellone en fureur. Le musée de Versailles conservait jusque là les esquisses de trois d’entre elles, qu’on avait pu voir dans l’exposition consacrée à Charles Le Brun (voir l’article). Il ne manquait que celle-ci dont les dimensions correspondent à celles des autres. Ces modelli étaient certainement destinés à être présentés au roi et à Colbert pour approbation. Le Musée du Louvre conserve quant à lui des dessins à la pierre noire.

Situé à l’autre extrémité de la Galerie des Glaces, le Salon de la Paix comporte des scènes qui font directement écho à celles de la Guerre : autour de la composition centrale La France donne la paix à l’Europe, quatre lunettes présentent les allégories de l’Espagne, l’Allemagne et la Hollande qui acceptent la Paix, tandis que sur une quatrième L’Europe chrétienne est en paix.

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