Une peinture de Henry d’Arles acquise par Marseille

6/2/20 - Acquisition - Marseille, Musée des Beaux-Arts - Il y a trois ans, le Musée des Beaux-Arts de Marseille avait acheté une marine de Henry d’Arles (voir la brève du 10/11/17), qui fut, avec Lacroix de Marseille, l’un des meilleurs suiveurs de Joseph Vernet qu’il avait assisté pour peindre Marseille dans la série des Ports de France. La proximité avec le style de ce dernier lui valut le surnom de « singe de Vernet », certainement exagéré car ses œuvres témoignent souvent d’un tempérament original.


1. Jean Henry, dit Henry d’Arles (1734-1784)
Paysage côtier avec des ruines romaines, 1760
Huile sur toile - 212 x 126 cm
Marseille, Musée des Beaux-Arts
Photo : Galerie Michel Descours
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Le tableau qui vient s’ajouter à l’ensemble déjà réuni par Marseille, acquis auprès de la galerie Michel Descours (ill. 1), témoigne de cette émancipation de l’art du maître. La manière de peindre les petits personnages, comme les ruines qui s’élèvent sur cette côte, fait ici penser davantage à la manière d’Hubert Robert ou de Giovanni Paolo Panini. Il pouvait d’ailleurs connaître les œuvres de ce dernier grâce au voyage à Rome qu’il avait effectué entre 1753 et 1755. Cette toile, datée de 1760, est située dans cette ville, où il effectua donc un deuxième séjour. Il s’agit d’un caprice, c’est-à-dire d’un paysage imaginaire rassemblant des monuments réinterprétés ou existants. Au fond, on distingue ainsi la pyramide de Cestius qui se trouve dans les faubourgs de Rome, tandis que les ruines qui donnent sur la plage évoquent partiellement celles du Colisée, surplombées de la colonnade d’un temple romain, lui-même surmonté d’un clocher d’église [1].


2. Jean Henry, dit Henry d’Arles (1734-1784)
Paysage côtier sous un orage, 1758
Huile sur toile - 224 x 140 cm
Valence, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Valence
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3. Jean Henry, dit Henry d’Arles (1734-1784)
Village en feu, 1758
Huile sur toile - 224 x 165 cm
Valence, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Valence
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Ce paysage faisait partie d’une série de sept toiles qui ornaient en 1774 la salle à manger de l’hôtel particulier construit par Guillaume de Paul, ancien lieutenant de la maréchaussée de Marseille et membre de l’Académie. L’exécution datant d’une quinzaine d’années avant l’édification de cet immeuble, il ne s’agit donc pas de sa destination d’origine, que l’on ne connaît d’ailleurs pas. Sur les sept tableaux, quatre autres, outre celui qui vient d’être acheté par Marseille, sont connus. Deux d’entre eux, Paysage côtier sous un orage (ill. 2) et Village en feu (ill. 3), ont été acquis en 1999 par le Musée des Beaux-Arts de Valence chez Sotheby’s New York et présentent la même bordure. Deux autres, Naufrage près d’une côte daté de 1758 et Ruines antiques à l’entrée d’un port méditerranéen, de la même année, sont passés en vente respectivement chez Tajan à Paris le 19 décembre 2007 (ill. 4), et chez Leclère à Marseille le 12 mars 2011 (ill. 5). Il faut espérer que ces œuvres pourront un jour prendre le chemin soit du Musée de Marseille, soit de celui de Valence, et que les deux compositions manquantes finiront un jour par réapparaître.


4. Jean Henry, dit Henry d’Arles (1734-1784)
Naufrage près d’une côte, 1758
Huile sur toile - 211,5 x 125 cm
Vente Tajan, 19 décembre 2007
Photo : Tajan
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5. Jean Henry, dit Henry d’Arles (1734-1784)
Ruines antiques à l’entrée d’un port méditerranéen, 1758
Huile sur toile - 212 x 126 cm
Vente Leclère, 12 mars 2011
Photo : Leclère
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