Un « déjeuner chinois réticulé » en porcelaine de Sèvres pour l’Indianapolis Museum of Art

Julie Demarle

30/11/18 – Acquisition – Indianapolis, Museum of Art – L’Indianapolis Museum of Art a acquis un déjeuner chinois réticulé en porcelaine de Sèvres du XIXe siècle pour 85 000 euros lors de la vente parisienne de Christie’s ce mardi 27 novembre. Il rejoint sa collection d’arts décoratifs européens et fait écho à sa riche collection de céramiques asiatiques.


Manufacture de Sèvres
"Déjeuner chinois réticulé", 1863
Porcelaine de Sèvres - diamètre du plateau : 50 cm
Indianapolis, Museum of Art
Photo : Christie’s
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Le modèle du déjeuner « chinois réticulé » est créé en 1831 par la manufacture de Sèvres alors dirigée par Alexandre Brongniart. Il fut dessiné par le sculpteur modeleur Hyacinthe Régnier, inspiré de modèles chinois tardifs que le directeur de la manufacture a sans doute observés, comme le précise la notice de Christie’s, en 1826 lors d’une vente chez un antiquaire parisien nommé F. Sallé dans une section intitulée « Les porcelaines chinoises ajourées ». Les premières pièces réticulées sont produites à partir de 1832 et le déjeuner « réticulé chinois » connaît ensuite un franc succès. La reine Marie-Amélie s’en fait à elle seule livrer sept, entre 1835 et 1843, dont le Louvre conserve un très bel exemple à fonds de différentes couleurs. L’ensemble acquis par Indianapolis a été offert par Napoléon III au comte François-Joseph Boulay de la Meurthe, sénateur et membre de l’Instruction publique, en 1863.

Le déjeuner est un service utilisé pour les collations en petit comité. Il est composé d’un ensemble de récipients réunis sur un plateau. Celui de l’Indianapolis Museum est constitué de dix pièces. Le plateau polylobé reposant sur huit pieds comporte une colonne centrale qui sert de support à la jatte octogonale. Autour d’elle prennent place une théière, une cafetière, un pot à lait, un sucrier, deux tasses à café, deux tasses à thé et leurs quatre soucoupes. Les théière, cafetière, pot à lait, sucrier et tasses ont une double paroi, pleine à l’intérieur et découpée en résille à l’extérieur. Cette technique complexe est empruntée aux céramiques chinoises et ottomanes du XVIIe siècle. Elle consiste à découper la porcelaine sèche avant cuisson, donc très fragile, avec une lame fine ou une aiguille. La résille prend ici différentes formes, d’une pièce à l’autre mais aussi au sein d’une même pièce, les motifs sont géométriques ou de fleurs stylisées. Le décor doré de lambrequins, treillages et branches fleuries dans des cartouches ou en frises se détache sur un fond bleu lapis. Le décor intérieur de la jatte et des tasses comporte des couleurs supplémentaires, vert et platine. Les anses et les becs sont en forme de bambou.

Outre le Louvre déjà cité, le Legion of Honor Museum de San Francisco conserve un service réticulé chinois à fond corail de 1839, le Detroit Institute of Art un ensemble à fond vert de 1842 et le Metropolitan Museum de New-York un ensemble à fond blanc de 1861.

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