Réaction de Pierre Rosenberg à l’inclusion des œuvres d’art dans l’ISF

La Tribune de l’Art

Pierre Rosenberg, de l’Académie Française, est président-directeur honoraire du Musée du Louvre.

Quelles seraient les conséquences d’une inclusion des œuvres d’art dans l’assiette de l’ISF ?

Ce serait une mesure catastrophique. D’une part les collections se cacheront, et il sera beaucoup plus difficile pour les musées d’emprunter des œuvres, et d’autre part elle sera inapplicable car une œuvre d’art a une valeur toute relative. Qui décidera de celle-ci ? Il faut se reporter à l’article impeccable de Jacques Thuillier sur cette question dans l’éditorial de la Revue de l’Art.
Les musées vivent avec les collectionneurs. Ces œuvres d’art c’est aussi la richesse d’un pays. Quand on exporte une Renault, on enrichit le pays. Quand on exporte une œuvre, on l’appauvrit. Le patrimoine d’un pays, c’est à la fois son patrimoine public et son patrimoine privé. C’est un point majeur.

Propos recueillis par Didier Rykner

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