Le musée de Stockholm achète un tableau de Coupin de la Couperie

Bénédicte Bonnet Saint-Georges
Marie-Philippe Coupin de la Couperie (1773-1851)
Raphaël ajustant les cheveux de la Fornarina avant de la peindre, 1824
Huile sur toile - 81,5 x 65 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Galerie Talabardon Gautier
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10/1/19 - Acquisition, Stockholm, Nationalmuseum - Il a rouvert ses portes cet automne, après cinq ans de travaux qui ont permis de mettre en valeur ses collections enrichies très régulièrement par de nouvelles acquisitions (voir l’article). Le Nationalmuseum de Stockholm a ainsi acheté plusieurs œuvres à l’occasion du salon Fine Arts Paris (voir l’article), notamment une huile sur papier de Niels Simonsen à la galerie Michel Descours (voir la brève) ainsi qu’un tableau de Marie-Philippe Coupin de la Couperie à la galerie Talabardon et Gautier représentant Raphaël et la Fornarina [1].

Peintre troubadour, Coupin de la Couperie traduit l’histoire par des anecdotes qu’il met en scène avec un souci de vraisemblance, accordant beaucoup d’importance aux détails des costumes et des accessoires. Ainsi, il ne représente pas le courage de Bayard, mais sa continence devant une jeune fille éplorée ; quant à Sully, c’est un vieillard se recueillant devant le monument au cœur d’Henri IV.
L’artiste se forma dans l’atelier de Girodet dont il devint un ami proche, travailla pour la manufacture de Sèvres, exposa régulièrement au Salon à partir de 1812. Il s’introduisit dans le cercle de l’impératrice Joséphine qui avait acquis l’une de ses toiles, Les Amours funestes de Francesca Rimini ; il travailla par exemple pour la comtesse d’Arjuzon dame d’honneur de la reine Hortense et épouse du premier chambellan de Louis Bonaparte. Sous la Restauration, il sut plaire à Louis XVIII et à la duchesse d’Angoulême.

Marie-Philippe Coupin de la Couperie (1773-1851)
Raphaël ajustant la coiffure de la Fornarina avant de la peindre
Pierre noire et rehauts de blanc sur trois feuilles assemblées - 19,5 x 15,5 cm
Photo : Galerie Talabardon Gautier
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Ce tableau exposé en 1824 appartenait à la duchesse de Raguse. Celle-ci, dont on garde un joli portrait miniature peint par Jean-Baptiste Isabey, était la fille de Jean-Frédéric Perrégaux, fondateur de la Banque de France, et l’épouse du duc de Raguse, Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont. Le couple possédait le château de Viry-Châtillon où la duchesse fit construire un pavillon gothique dans le goût de l’époque.

Coupin de la Couperie représente ici le peintre Raphaël ajustant la coiffure de son modèle qui est aussi sa maîtresse, la Fornarina. Le turban ou le bijou qu’il pose sur sa tête se retrouvent dans des peintures du maître italien représentant la Fornarina - c’est le cas du portrait où elle pose à demi nue ainsi que la fameuse peinture de la Donna Velata - mais aussi dans la Vierge à la Chaise. Sur le mur à droite, l’évanouissement de Marie semble s’inspirer d’un dessin d’après Rapahël lié à La Déposition Borghèse.
La galerie Talabardon et Gautier possède un dessin préparatoire à ce tableau qui révèle la mise en place progressive de la composition. Dans cette étude, les marbres ne sont pas les mêmes, l’artiste dispose davantage d’objets dans la pièce, notamment les outils du peintre, et le drapé de la robe est plus compliqué. Le visage de Raphaël est plus visible, présentés de trois-quarts, et les gestes des personnages semblent davantage être ceux d’amants que ceux d’un peintre avec son modèle.

Cette œuvre rejoint dans les collections du musée de Stockholm deux tableaux de François Fleury Richard, autre peintre troubadour.

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