Un coffre de Sarah Lipska pour le musée Sainte-Croix de Poitiers

Julie Demarle

10/01/19 - Acquisition - Poitiers, Musée Sainte-Croix - Le musée Sainte-Croix de Poitiers a acquis en octobre dernier un coffre de Sarah Lipska (ill. 1 et 2), décoratrice mais aussi peintre, sculptrice et styliste française d’origine polonaise, auprès de la galerie Anne-Sophie Duval. Il a immédiatement rejoint le parcours des collections permanentes prenant place aux côtés des trois portraits sculptés par l’artiste (Colette, La Casati et Nathalie Paley) et de son propre portrait sculpté par Chana Orloff acquis en 2014 lors de la vente de la collection Félix Marcilhac par Sotheby’s en association avec Artcurial (voir la brève du 12/3/14). Si le fonds Sarah Lipska du musée Sainte-Croix de Poitiers est le plus riche des Musées de France, il ne comportait jusqu’alors aucun objet d’art.


1. Sarah Lipska (1882-1973)
Coffre, vers 1925
Merisier et aluminium : 68 x 75,5 x 35 cm
Poitiers, musée Sainte-Croix
Photo : Galerie Anne-Sophie Duval.
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2. Sarah Lipska (1882-1973)
Coffre, ouvert, vers 1925
Merisier et aluminium : 68 x 75,5 x 35 cm
Poitiers, musée Sainte-Croix
Photo : Galerie Anne-Sophie Duval.
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L’activité de décoratrice de Sarah Lipska est pourtant aussi importante et aussi bien documentée que le reste de son œuvre. Dès ses premières années parisiennes - elle s’installe définitivement à Paris en 1912 - elle réalise, en collaboration avec Léon Bakst, des décors peints et des costumes pour les Ballets Russes de Diaghilev. Elle ne se départira jamais de son attrait pour la danse et, après la seconde guerre mondiale, ce sont les ballets de Serge Lifar qu’elle ornera de ses décors et costumes. A partir des années 1920, outre son activité de sculpteur et de peintre, elle se partage entre la mode et la décoration d’intérieur. Elle dessine des tissus pour la maison de couture Myrbor, participe à l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs de 1925, réalise de nombreux aménagements intérieurs pour des clients particuliers et ouvre une maison de mode et de décoration sur les Champs-Elysées. Le coffre acquis par Poitiers fut conçut, vers 1925, pour cette dernière. Une photographie, datée vers 1927, conservée à la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine, le montre en situation près d’un paravent et d’un miroir également conçus par l’artiste.

Le coffre rectangulaire et son socle sont en merisier recouvert d’une plaque d’aluminium. Le coffre comporte deux poignées latérales et ouvre à l’avant par un ventail qui dévoile des casiers intérieurs dont l’un est fermé par une porte. La partie supérieure du coffre a la forme d’un toit à quatre pans dont l’un présente la gâche du système de fermeture fixé sur le haut du ventail. Cette esthétique minimaliste s’émancipant du décoratif pour ne retenir que la fonctionnalité est très proche du style de l’UAM.

Cette acquisition illustre la volonté du musée d’enrichir d’art décoratif son riche fonds des années 1910 à 1940 principalement constitué de peintures et de sculptures. Elle s’inscrit également pleinement dans l’un des axes thématiques défendus par le musée, celui des femmes artistes et modèles.

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