Récentes acquisitions de peintures du Musée Sainte-Croix de Poitiers

21/11/19 - Acquisitions - Poitiers, Musée Sainte-Croix - La Ville de Poitiers, avec le concours du Fonds régional d’acquisition des musées de Nouvelle-Aquitaine, a acheté pour le Musée Sainte-Croix de Poitiers une petite esquisse de Pierre-Amédée Marcel-Béronneau auprès de la galerie parisienne Edouard Ambroselli (ill. 1 et 2). Exposée lors de l’édition 2018 de Paris Fine Arts (voir l’article), cette Salomé portant la tête de saint Jean-Baptiste a rejoint la salle symboliste du musée dont l’accrochage renouvelé a été dévoilé début octobre.


1. Pierre-Amédée Marcel-Béronneau (1869-1937)
Salomé portant la tête de saint Jean-Baptiste, vers 1896
Huile sur carton - 19,3 x 12 cm
Poitiers, Musée Sainte-Croix
Photo : Poitiers, Musée Sainte-Croix
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2. Pierre-Amédée Marcel-Béronneau (1869-1937)
Salomé portant la tête de saint Jean-Baptiste avec cadre, vers 1896
Huile sur carton - 19,3 x 12 cm
Poitiers, Musée Sainte-Croix
Photo : Poitiers, Musée Sainte-Croix
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Elle est la troisième œuvre de l’artiste à entrer dans les collections après Le Christ marchant sur les eaux acquis en 1993 et Orphée dépecé par les Ménades offert en 2016 par la Société des Amis des Musées de Poitiers (ill. 3) qui l’avait acheté 1200 € (sans les frais) lors de la vente Millon du 22 janvier 2016. Elles sont toutes trois exposées aux côtés, notamment, de la grande esquisse Le Poète et la Sirène de Gustave Moreau (déposée par le Musée d’Orsay), maître déterminant pour Marcel-Béronneau qui s’imprégna tant de son style dans les années 1890 qu’il fut qualifié de servile imitateur. C’est cette décennie pleinement symboliste et rosicrucienne qui constitue l’axe privilégié des collections poitevines.


3. Pierre-Amédée Marcel-Béronneau (1869-1937)
Orphée dépecé par les Ménades, 1895
Huile sur toile - 35,5 x 55,5 cm
Poitiers, Musée Sainte-Croix
Photo : Musées de Poitiers, Christian Vignaud
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Comment effectivement ne pas saisir les références explicites à Gustave Moreau dans cette petite ébauche à l’huile ? Vraisemblablement préparatoire au tableau du même titre exposé au Salon des Artistes Français de 1896, alors largement décrit mais aujourd’hui perdu, elle semble citer la composition de l’Orphée d’Orsay transposée dans le décor oriental et le chromatisme de la Salomé dansant dite Salomé tatouée du Musée Gustave Moreau. Elle est ceinte d’un très beau cadre Néo-Renaissance, daté vers 1840-1850, en bois peint à décor d’arabesques, flanqué de colonnes corinthiennes et surmonté d’un entablement (ill. 2).


4. Louis Gauffier (1762-1801)
Orphée repoussant l’amour des femmes de Thrace, vers 1790
Huile sur toile - 26 x 33 cm
Poitiers, Musée Sainte-Croix
Photo : Poitiers, Musée Sainte-Croix
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5. Bernard Boutet de Monvel (1881-1949)
Orphée, vers 1927
Huile sur toile - 81 x 81 cm
Poitiers, Musée Sainte-Croix
Photo : Poitiers, Musée Sainte-Croix
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Signalons également l’acquisition d’une étude préparatoire du peintre poitevin Louis Gauffier dont nous n’avions pas parlé. Intitulée Orphée repoussant l’amour des femmes de Thrace (ill. 4), elle s’ajoute à l’Orphée de Marcel-Béronneau (ill. 3) et à celui de Boutet de Monvel (ill. 5) - préempté en 2016 grâce au soutien du FRAM et de la Société des Amis des Musées de Poitiers lors de la dispersion de l’atelier et des intérieurs de l’artiste chez Sotheby’s (voir la brève du 5/4/16) - une nouvelle représentation du mythe dans le parcours permanent. Cette ébauche néoclassique qui ne semble pas avoir été suivie d’un tableau définitif illustre le dépit amoureux des Ménades, préambule galant de leur rage meurtrière, cette macabre conclusion retenue par Marcel-Béronneau. Elle fut acquise, avec l’aide du FRAM de Nouvelle-Aquitaine, auprès de la galerie Terrades en 2015. Le Musée Sainte-Croix compte désormais dix œuvres de l’artiste dans ses collections.

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