Un tableau d’Eugène Le Poittevin acquis par Fécamp

Didier Rykner

11/01/19 - Acquisition - Fécamp, Musée des Pêcheries - C’est un tableau particulièrement séduisant d’Eugène Le Poittevin qu’a acheté le Musée de Fécamp chez Artcurial en décembre dernier. On y voit un chasseur, accompagné d’un matelot, d’un jeune garçon et d’un chien, à l’affut dans une barque avec son fusil dans l’attente de pouvoir tirer un guillemot. Ces oiseaux migrateurs qui ressemblent un peu à des pingouins, savent voler contrairement à ces derniers, après s’être jetés d’un rocher car ils ne peuvent prendre leur élan. On en trouve de nombreuses espèces sur les côtes de l’Atlantique et de la Manche. La chasse au guillemot à Étretat a été décrite par Guy de Maupassant dans sa courte nouvelle La Roche aux Guillemots (dont nous vous conseillons la lecture tant la chute est inattendue et amusante).


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Le Poittevin, élève de Louis Hersent et de Xavier Leprince, est un des peintres de marine les plus intéressants de l’époque romantique. Nous renvoyons, pour en savoir davantage, aux articles que nous avions publiés pour l’acquisition, déjà par Fécamp, d’un portrait de femme (voir la brève du 21/11/17) et d’un tableau représentant des pêcheurs à Étretat (voir la brève du 15/11/12), ainsi qu’à celui consacré au déroulement d’un grand tableau de sa main par le Musée d’Amiens (voir la brève du 15/9/14).
 La côte d’Étretat, avec ses falaises que l’on voit à droite du tableau, constitue un des lieux de prédilection du peintre. La roche aux Guillemots, où ces oiseaux venaient nicher après avoir traversé l’Atlantique depuis le Canada, est, comme l’écrit Maupassant, « tout simplement une petit bosse de la falaise ». Il ajoute « Pourquoi ne vont-ils jamais ailleurs, ne choisissent-ils aucun autre point de cette longue falaise blanche et sans cesse pareille qui court du Pas-de-Calais au Havre ? Quelle force, quel instinct invincible, quelle habitude séculaire poussent ces oiseaux à revenir en ce lieu ? Quelle première émigration, quelle tempête peut-être a jadis jeté leurs pères sur cette roche ? Et pourquoi les fils, les petits-fils, tous les descendants des premiers y sont-ils toujours retournés ! On admirera dans ce remarquable tableau ». Les guillemots ont désormais déserté ce lieu mais ils semblent toujours présents à Étretat, ayant désormais élu domicile sur la Roche de Vaudieu.

Le tableau, estimé 10 à 15 000 € lors de la vente du 13 novembre dernier, est resté invendu et a pu être acquis ensuite par le musée au prix de 13 000 € incluant les frais. Fécamp, qui conserve plusieurs œuvres de Le Poittevin peintes à Étretat, prépare, pour 2020, une rétrospective consacrée à cet artiste pour laquelle il avait publié une annonce sur ce site.

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