Quelques dégâts sur les vitraux de l’église Saint-Eugène, après l’explosion de gaz

Didier Rykner 1 1 commentaire

12/01/19 - Patrimoine - Paris, église Saint-Eugène - Le IXe arrondissement de Paris a été violemment secoué en fin de matinée aujourd’hui par une explosion, rue de Trévise, due à une fuite de gaz sur laquelle intervenaient des pompiers. On déplore malheureusement de nombreuses victimes : à l’heure où nous écrivons, le bilan est de trois morts, dont deux pompiers, dix blessés graves et trente-sept plus légèrement.


1. Antoine Lusson ?
ou Laurent-Gsell ?
Christ et la femme adultère
(avant l’explosion)
Vitrail
Paris, église Saint-Eugène
Photo : Didier Rykner
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2. Antoine Lusson ?
ou Laurent-Gsell ?
Christ et la femme adultère
(après l’explosion)
Vitrail
Paris, église Saint-Eugène
Photo : Didier Rykner
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3. Antoine Lusson ? ou Laurent-Gsell ?
Christ et la femme adultère (après l’explosion)
Vitrail
Paris, église Saint-Eugène
Photo : Didier Rykner
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Les conséquences auraient pu être dramatiques aussi sur le plan du patrimoine. La déflagration a en effet eu lieu non loin de l’église Saint-Eugène, magnifique édifice construit sous le Second Empire, riche notamment de grands vitraux historiés [1]. Ceux-ci auraient pu être soufflés, mais les dégâts sont finalement limités. Deux d’entre eux seulement ont été touchés, l’un dans la nef à droite (Jésus et la femme adultère - ill. 1 à 3), l’autre dans une petite chapelle donnant sur la tribune, également à droite (L’Éducation de la Vierge, au-dessus de la figure de la Vierge - ill. 4). Pour le premier au moins, il y aura urgence à intervenir pour récupérer les morceaux, tombés à l’intérieur, et déposer les parties cassées et mal fixées afin d’éviter qu’une bourrasque ne les emporte.


4. Henri Chabin
Éducation de la Vierge
Vitrail
Église Saint-Eugène
Photo : Didier Rykner
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5. Henri Chabin
Éducation de la Vierge, détail
Vitrail
Église Saint-Eugène
Photo : Didier Rykner
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Nous conclurons cet article par une remarque d’énervement. La Tribune de l’Art a pour thème le patrimoine et les musées. Lorsqu’un patrimoine est en danger, qu’il s’agisse d’une explosion, d’un incendie, d’un tremblement de terre ou d’une guerre, nous n’avons pas vocation à écrire sur les victimes éventuelles. Bien entendu, nous avons la même compassion pour elles que tous les donneurs de leçons, mais comme eux, nous n’y pouvons rien, et nous nous contentons, à notre échelle, de faire notre métier qui est d’informer sur notre sujet. Quand nous parlons de donneurs de leçons, ce sont ceux, sur les réseaux sociaux, cachés le plus souvent derrière leurs pseudonymes bien pratiques pour insulter ou polémiquer sans risques, qui se sont choqués que nous ayons pu parler de l’état de ces vitraux. Cela ne nous empêche évidemment pas de penser aux pompiers et au civil tués, ainsi qu’aux blessés, et d’avoir les mêmes pensées pour eux que les indignés de Twitter qui ont le monopole du cœur, prétendent fixer la morale et qui, d’ailleurs, ne nous disent pas selon eux à partir de quand on a le droit de parler des dégâts patrimoniaux lors d’une catastrophe ayant fait des victimes (un jour, une semaine, un mois ? Cela dépend-il du nombre de victimes ?).

Précisons que les pompiers à qui nous avons pu parler, comme celui qui nous a accompagné jusqu’à l’église, alors qu’ils ont perdu deux des leurs, trouvent parfaitement légitime notre souci d’informer à ce sujet : « chacun son métier ». Il n’y a d’ailleurs qu’en France qu’on peut voir des réactions pareilles. En Italie par exemple, lors de tremblements de terre qui occasionnent bien davantage de pertes humaines, ce sont les habitants eux-mêmes qui se préoccupent tout de suite, et sans attendre, de faire le bilan des pertes patrimoniales et de protéger les monuments, pendant que d’autres s’occupent des victimes. Et nul ne songerait à reprocher à un journaliste spécialisé de faire son métier…

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