Le Boijmans Museum acquiert un triptyque du Maître de sainte Véronique

Bénédicte Bonnet Saint-Georges

8/12/18 - Acquisition, Rotterdam, Musée Boijmans Van Beuningen - Représentant du gothique international, le Maître de sainte Véronique (ou Maître de la Véronique) fut actif à Cologne dans les années 1395-1420. Il doit son nom à une peinture qui représente la sainte brandissant le suaire, conservée aujourd’hui à l’Alte Pinakothek de Munich.


1. Maître de sainte Véronique
Triptyque de la Vierge à l’Enfant entourée de saints ean l’Evangéliste, Christine, Catherine, Marie Madeleine
et Jean-Baptiste,
vers 1410
Huile sur bois
Panneau central : 70 x 32 cm
Panneau latéral : 70 x 16 cm
Rotterdam, Musée Boijmans Van Beuningen
Photo : Sotheby’s
Voir l´image dans sa page

Le Boijmans Museum a tout récemment acquis un triptyque portatif qui lui est attribué, probablement peint vers 1410 (ill. 1 et 2). Adjugé 1,57 millions de livres lors de la vente Sotheby’s organisée à Londres le 5 décembre dernier, il a été acheté avec le soutien de plusieurs institutions. Il avait déjà été montré au musée de Rotterdam dans l’exposition « Le chemin de Van Eyck » en 2012.


2. Maître de sainte Véronique
Triptyque volets fermés
Le Portement de croix
Rotterdam, Musée Boijmans Van Beuningen
Photo : Sotheby’s
Voir l´image dans sa page

Sur le panneau central, une Vierge à l’Enfant se tient dans une mandorle dorée surplombée par Dieu le Père. Elle est à la fois Vierge d’humilité, assise par terre, et Reine du ciel, entourée d’anges. Elle est accompagnée par les saints Jean l’Evangéliste, Christine, Catherine, Marie Madeleine et Jean Baptiste déployés en demi-cercle devant elle. Sur les panneaux latéraux figurent les épisodes de la Passion du Christ à gauche - le Couronnement d’épine et la Crucifixion - sa Résurrection et son Ascension à droite. Les volets fermés représentent le Portement de croix.

Le traitement des couleurs, le type des personnages également, sont les mêmes que dans les autres œuvres attribuées à l’artiste : les lèvres pincées, les yeux aux paupières lourdes, tombant légèrement sur les côtés, la douceur de leurs expressions.
Parmi les peintures du Maître de sainte Véronique, la Crucifixion de la National Gallery de Washington est comparable à celle du panneau de ce triptyque, avec la Vierge au pied de la croix tenant son voile pour sécher ses larmes. On retrouve aussi la même tendresse qui unit la Mère et l’Enfant - Jésus jouant avec le rosaire de Marie -, dans la Vierge à la fleur de vesce.
Plusieurs hypothèses ont été émises au sujet de l’identité de cet artiste. On a voulu notamment le rapprocher du Maître Wilhelm, ou encore de Herman Wynrich von Wesel, sans succès. Il est peut-être passé par l’atelier de Conrad von Soest (1370-1422) à Dortmund en Westphalie, auteur notamment du retable de Bad Wildungen peint en 1403, qui aurait pu influencer l’oeuvre de Rotterdam.

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.