Le Yorkshire Museum acquiert un Christ du XIIIe siècle

2/11/2019 - Acquisition - York, Yorkshire Museum - De Sainte-Marie d’York, en Angleterre, il ne reste que des ruines qui se dressent aujourd’hui dans les jardins du Yorkshire Museum. Elles datent des années 1271-1294, lorsque cette abbaye cistercienne fut reconstruite après avoir été ravagée par un incendie. Elle connut alors une période d’opulence, puis elle périclita dans les années 1530, Henri VIII ayant décidé la dissolution des monastères en 1534.


Christ en croix, Limoges fin du XIIIe siècle
Cuivre doré, émaux champlevés - 16 cm
York, Yorkshire Museum
Photo : Yorkshire Museum
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Un Christ en croix, en cuivre doré et émaillé, est récemment apparu sur le marché de l’art, doté d’une étiquette « trouvé dans les ruines de l’abbaye Sainte-Marie à York, en 1826. » Il était localisé en 1920 dans une collection privée allemande, et a finalement été mis aux enchères à Cologne le 15 mai 2019, adjugé 8500 euros au profit du Yorkshire Museum [1].
Il aurait été commandé à un atelier limousin par l’abbaye à la fin du XIIIe siècle, Limoges étant alors réputée pour ses émaux dans l’Europe entière. Le cuivre doré travaillé au repoussé, est orné d’émaux champlevés notamment sur le perizonium, également rehaussé de pierres, tout comme la couronne et les yeux. Les cheveux et la barbe sont délicatement détaillés par des traits gravés, la musculature également. D’autres œuvres présentent Jésus vêtu d’une tunique, ce qui laisse une place plus importante aux émaux champlevés.

Le Christ d’York, aujourd’hui privé de ses mains et de ses pieds, devait probablement être fixé sur une croix émaillée, comme celle du Metropolitan Museum. Peut-être l’ensemble fut-il conçu pour être une croix de procession ou bien l’ornement d’une châsse ou d’un plat de reliure, similaire à celui passé en vente chez Sotheby’s.
Le Louvre conserve un Christ comparable à celui-ci, de plus grandes dimensions, lui aussi réalisé dans des ateliers limousins. Celui d’York serait plus tardif. Le périzonium paraît animé d’un mouvement à cause des deux pans qui tombent sur les côtés. Le corps plus souple semble davantage exprimer la souffrance : non seulement la tête est penchée, mais les jambes sont écartées, les genoux légèrement pliés.

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