La quatrième édition de la Tefaf à New York

4/11/2019 - Marché de l’Art - New York, Tefaf - Il s’agit, déjà, de la quatrième édition de la Tefaf à New York organisée comme chaque année au Park Avenue Armory. Beaucoup plus petite que celle de Maastricht, elle n’en réunit pas moins certains des plus grands marchands internationaux.


1. Charles-Antoine Coypel (1694-1752)
Le Christ couronné d’épines
Pastel - 49,3 x 36,5 cm
Wildenstein
Photo : Wildenstein
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Comme l’an dernier, la galerie Wildenstein se trouve près de l’entrée, au rez-de-chaussée, et comme l’an dernier elle présente quelques-unes des plus belles œuvres. Nous aurions pu reproduire ici un magnifique tableau de Rigaud ou des petites peintures de Fragonard, mais nous préférons finalement une œuvre certes moins importante, mais d’une qualité exquise : un pastel de Charles-Antoine Coypel représentant Le Christ couronné d’épines (ill. 1).
Profitons-en pour signaler que la galerie Wildenstein mettait en vente chez Christie’s, un tableau de Trophime Bigot (ill. 2) au profit de la restauration de Notre-Dame. Ce tableau a été vendu 156 250 dollars immédiatement versés au fonds créé à cet effet par la French Heritage Society.


2. Trophime Bigot (vers 1579-1650)
La Dérision du Christ
Huile sur toile - 74 x 99,1 cm
Vendu chez Christie’s New York au profit de Notre-Dame
Photo : Christie’s
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Nous poursuivrons notre visite en signalant les œuvres qui nous ont marquées, dans l’ordre où nous les avons vues, sans souci de chronologie ou de logique. Sur le stand de Jack Kilgore, nous avons été frappé par un paysage de montagne dû à l’Autrichien Felix Heuberger (ill. 3). Cet autodidacte, qui se consacra à la peinture après avoir fait des études d’ingénieur et avoir servi comme officier de cavalerie pendant la Première guerre mondiale, fait preuve ici de qualités proches d’un Caspar David Friedrich.


3. Felix Heuberger (1888-1968)
Kalkkögel, 1931
Huile sur toile - 80 x 75 cm
Jack Kilgore & Co, Inc
Photo : Didier Rykner
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Chez Lowell-Libson, un grand tableau néoclassique, étonnant par ses couleurs pastel, attire tous les regards. Les personnages, qui rappellent un peu ceux de Blake ou de Fuseli, situent ce chefs-d’œuvre immédiatement en Angleterre : il s’agit d’une peinture de James Durno (ill. 4), artiste anglais de père écossais, élève de Benjamin West.


4. James Durno (vers 1755-1795)
Prima de retour à Troie avec le corps d’Hector
Huile sur toile - 114 x 118 cm
Lowel Libson & Jonny Yarker Ltd
Photo : Lowel Libson & Jonny Yarker Ltd
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Un peu plus loin, dans un genre totalement différent, on peut admirer chez Carlo Virgilio un modèle architectural abstrait (à moins qu’il ne s’agisse d’une œuvre en soi, non destinée à une construction), en ciment, de Frank Lloyd Wright (ill. 5).


5. Frank Lloyd Wright (1867-1959)
Original Abstracted Hollyhock Blossom Reliefs, vers 1919
Carlo Virgilio & C.
Photo : Didier Rykner
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Parmi les sculptures, nous nous en voulons de ne pas avoir vu - elle était pourtant, paraît-il, au centre de son stand - le grand bronze de la Renaissance italienne présenté par Carlo Orsi, alors qu’il fait, paraît-il, deux mètres de haut et qu’il s’agissait, de l’avis de beaucoup, de la plus belle pièce de la foire ! Il arrive que les objets les plus évidents nous échappent. Peu importe, un grand musée américain semblait s’y intéresser, nous a-t-on dit, et nous aurons sans doute bientôt l’occasion d’en reparler. Nous nous rabattrons donc sur une œuvre beaucoup plus modeste, mais très jolie, et d’un artiste que nous ne connaissions pas, Michel-Louis Pioche (ill. 6). Cette terre cuite, qui fait penser aux œuvres de Mme de Sermezy, représente une femme penchée sur une urne funéraire, un sujet que n’aurait pas renié l’artiste lyonnaise.


6. Michel-Louis Pioche (1762-1839)
Une femme penchée sur une urne funéraire, vers 1800
Terre cuite - H. 30 cm
Stuart Lochhead Sculpture
Photo : Didier Rykner
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Chez Talabardon & Gautier, nous retiendrons une œuvre fin de siècle, un portrait de Georges-Daniel de Monfreid dont le modèle pourrait sortir d’un roman de Joris Karl Huysmans, sur un fonds presque nabi (ill. 7). Et comme nous l’annoncions plus haut, nous apparierons ce tableau avec une œuvre qui n’a vraiment rien à voir, ni dans la technique, ni dans la date, ni dans le sujet, ni pour le pays : un grand fragment d’un Salvator Mundi en terre cuite polychrome par le sculpteur bolonais du XVIe siècle Alfonso Lombardi (ill. 8).


7. Georges-Daniel de Monfreid (1856-1929)
Le peintre René Andreau, 1895
Huile sur toile - 97,2 x 130,2 cm
Galerie Talabardon & Gautier
Photo : Galerie Talabardon & Gautier
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8. Alfonso Lombardi (vers 1497-1537)
Salvator Mundi
Terre cuite polychrome
Botticelli Antichità
Photo : Botticelli Antichità
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Nous terminerons sur le stand des galeries Kugel et Coatalem. Pour le premier, il s’agit d’une miniature, qu’Alexis Kugel présente en s’amusant comme un « autoportrait de Joseph Werner par un autre artiste ». Il s’agit en effet d’une copie de cet autoportrait aujourd’hui conservé au Victoria & Albert Museum par l’artiste qui le transcrivit en gravure, Frantz Ertinger (ill. 9). La qualité est telle qu’elle a pu être réalisée sous la supervision de l’auteur de l’original, voire avec sa participation.


9. Frantz Ertinger (1640-1719)
d’après Joseph Werner (1637-1710)
Portrait de Joseph Werner le jeune
en allégorie de la peinture
, vers 1662
Encre et crayon gouaché - 19,7 x 13,9 cm
Galerie Kugel
Photo : Galerie Kugel
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10. Marie-Victoire Lemoine (1754-1820)
Portrait présumé de Marie-Geneviève Lemoine et sa fille, Anne Aglaé Deluchi
Huile sur toile - 128 x 96,5 cm
Galerie Éric Coatalem
Photo : Galerie Éric Coatalem
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Chez le second, on peut admirer notamment un portrait (ill. 10), sans doute de la sœur de l’artiste, par Marie-Victoire Lemoine, une femme peintre proche d’Elisabeth Vigée-Lebrun dont elle a peut-être reçu des leçons. Une œuvre de grande qualité pour une foire qui ne l’est pas moins.

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