La National Gallery confirme l’acquisition de l’autoportrait d’Artemisia Gentileschi

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Artemisia Gentileschi (1592-1652)
Autoportrait en sainte Catherine d’Alexandrie
Huile sur toile - 71 x 71 cm
Londres, National Gallery
Photo : SVV Joron-Derem
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6/7/18 - Acquisition - Londres, National Gallery - Nous étions au courant depuis un moment de l’acquisition par la National Gallery de Londres du tableau d’Artemisia Gentileschi passé en vente chez Joron-Derem à Paris en décembre dernier (voir la brève du 6/12/17). Nous avions même demandé au musée de nous confirmer cet achat, mail auquel nous fut répondu par l’intermédiaire du service de presse : « Je crains que la National Gallery ne parle jamais des œuvres dont l’achat pourrait, ou pas, l’intéresser [1] ». Une réponse particulièrement absurde, puisque l’achat était déjà réalisé. Le musée vient, enfin, de le confirmer par un communiqué de presse dont on sent que tous les mots ont bien été pesés. Il ne s’agissait pas d’acquérir un beau tableau, une œuvre importante qui manquera au Louvre qui aurait dû le faire classer trésor national et l’acheter (il n’a pas, rappelons-le, d’œuvre d’Artemisia Gentileschi)...

Non. En 2018, l’important n’est pas d’acheter un beau tableau qui manque à des collections, il est d’acheter une œuvre peinte par une femme, et de le faire savoir. On apprend ainsi, de la bouche de son directeur, que « bien qu’il soit très difficile pour nous d’acheter des œuvres importantes d’artistes femmes, la National Gallery travaille avec des femmes artistes pour ses expositions et les autres programmes, et encore récemment avec Tacita Dean. Nous avons encore davantage de plans excitants dans le futur que nous annoncerons dans les prochains mois. » L’honneur est sauf.

Plus sérieusement, cet Autoportrait est assurément un des meilleurs tableaux de l’artiste qui pouvait parfois être assez faible comme l’a démontré il y a quelques années l’exposition du Musée Maillol (voir l’article). Les Offices conservent un autre autoportrait en sainte Catherine tandis qu’il y a quatre ans, le Wadsworth Atheneum d’Hartford avait acquis un autoportrait en joueuse de luth un peu plus petit mais d’un format et d’une composition comparable (voir la brève du 3/4/14).

Le prix a été rendu public : 3,6 millions de livres, soit un peu plus de 4 millions d’euros, pour un prix de vente à Paris (frais inclus) de 2,9 millions d’euros. Les marchands qui ont acheté l’œuvre sont Moretti et Voena [2]. Le bénéfice est raisonnable mais réalisé en peu de temps et la National Gallery, qui ne l’exposera qu’au début de 2019 après restauration, aurait sans doute pu économiser un peu d’argent en enchérissant directement en décembre. Quant au Louvre, il n’a toujours pas d’Artemisia Gentileschi…

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