Un tableau et un dessin acquis par Cambrai

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11/7/18 - Acquisitions - Cambrai, Musée - Il y a des noms parfois difficiles à porter : ainsi, Henry-Eugène Delacroix a forcément été éclipsé par son glorieux prédécesseur avec lequel il n’a d’ailleurs aucun lien de parenté. Fils d’un marchand de couleur, le futur peintre entre à l’École des Beaux-Arts de Paris en 1864 après une première formation à l’école communale de dessin de Cambrai. Il y devient l’élève de Robert-Fleury et de Cabanel, ses premières toiles montrant de fortes affinités avec ces deux artistes. Après avoir été prisonnier en Allemagne pendant la guerre de 1870, il exposa au Salon parisien (devenu en 1880 Salon des Artistes Français) pratiquement sans interruption de 1873 à 1922. Il y connut de nombreux succès et médailles, et obtint également plusieurs commandes de l’État.


1. Henry-Eugène Delacroix (1845-1930)
Les Deux Foscari, 1873
Huile sur toile - 71 x 121 cm
Cambrai, Musée des Beaux-Arts
Photo : Tiphaine Hébert
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C’est lors de son premier Salon, en 1873, que le peintre expose Les Deux Foscari, d’après un drame de Byron. L’œuvre (ill. 1), qui était conservée dans la famille de Pierre Loti, fut mise aux enchères par la SVV Leclère en décembre 2015 à Drouot, sans être adjugée malgré une estimation basse de 4000 €. Par l’intermédiaire de la maison de vente, le Musée de Cambrai a pu l’acheter début 2017 au prix de réserve.
Elle représente l’épisode le plus tragique de la pièce où Jacopo, dernier fils vivant de Francesco Foscari, doge de Venise, meurt dans les bras de ses parents après sa condamnation au bannissement perpétuel. Ce tableau est proche, par l’esprit et par le style, de son maître Alexandre Cabanel. Il sera visible à partir du 13 octobre 2018 seulement, les salles Beaux-Arts du musée étant actuellement fermées pour travaux et réaccrochage.
Il s’agit de la quatrième toile d’Henry Eugène Delacroix à entrer dans les collections du Musée de Cambrai, les trois autres, Dante et Virgile : le Supplice des Dissipateurs, Prométhée et les Océanides et Orphée déchiré par les Bacchantes, de très grande taille (respectivement 3,50 x 2,77 m, 4,20 x 3,20 m et 4,90 x 3,40 m) étant actuellement roulées, en mauvais état, dans les réserves. Souhaitons qu’à terme ces œuvres puissent être restaurées et à nouveau exposées.


2. Antoine François Saint-Aubert (1715-1788)
Satyre poursuivant une nymphe
Pierre noire - 35 x 48,5 cm
Cambrai, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Cambrai

Le Musée de Cambrai a pu acquérir également, de la même manière (œuvre estimée 1500 à 2000 €,, non vendue chez Leclère en mars 2016, puis achetée par l’intermédiaire de la maison de vente directement auprès du propriétaire au prix de réserve), un dessin d’Antoine François Saint-Aubert (ill. 2), un artiste du XVIIIe siècle originaire de Cambrai, qui y créa l’école municipale de dessin, et dont on sait par ailleurs peu de choses. Le musée possédait déjà cinq dessins et six tableaux de sa main. Il s’agit ici d’un sujet mythologique dont la provenance est prestigieuse puisqu’il a fait partie de la collection du Marquis de Chennevières.

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