L’Andromède de Léopold Burthe acquise par La Nouvelle-Orléans

Didier Rykner

15/3/19 - Acquisition - New Orleans, Museum of Art - Nous avions remarqué en 2017 à la Tefaf de New York (voir l’article) l’Andromède de Léopold Burthe, et nous l’avions revue à l’édition suivante (galerie Sanct Lucas). Cette œuvre, probablement celle exposée au Salon de Bordeaux en 1855 [1], a depuis été acquise judicieusement par le Musée de la Nouvelle-Orléans où est né l’artiste, qui fut l’élève d’Amaury-Duval après s’être installé à Paris.


Léopold Burthe (1823-1860)
Andromède
Huile sur toile - 117 x 100 cm
Galerie Sanct Lucas
Photo : Galerie Sanct Lucas
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La plupart des œuvres connues de Burthe témoignent d’un style puriste, portant une grande attention au dessin et avec des figures souvent en profil absolu comme la Sapho de Carcassonne ou l’Alphée du tableau acquis il y a récemment par la Piscine de Roubaix (voir la brève du 7/11/14). Il reste cependant difficile de définir une manière précise pour cet artiste dont le nombre d’œuvre retrouvé est extrêmement restreint, et qui a pu être enrôlé dans la cohorte des néo-grecs (voir l’article). En témoigne cette Andromède qui regarde davantage du côté d’Henri Lehmann ou Théodore Chassériau, même si l’on y retrouve quelques éléments visibles dans d’autres œuvres de Burthe : les draperies sont très semblables à celles des deux tableaux cités plus haut, tandis que l’atmosphère nocturne rappelle celle de la Sapho. L’œuvre dont elle se rapproche le plus néanmoins est celle d’Henri Lehmann, La Désolation des Océanides au pied du roc où Prométhée est enchaîné, dont la plus grande version (il en existe plusieurs, de compositions différentes) est celle du Musée départemental de Gap. On y retrouve un sujet proche, une même gamme colorée et un sentiment romantique comparable. On remarquera aussi la manière stylisée dont sont peintes les vagues qui ressemblent à des mèches blanches dont on retrouve l’équivalent dans la chevelure blonde d’Andromède. On admirera aussi la pose raffinée de cette dernière, très différente mais pas moins maniérée que la même figure peinte par Ingres, tandis que le cou de cette figure peinte audacieusement de dos peut évoquer aussi le reflet dans le miroir de la vicomtesse d’Haussonville.

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