Deux Pénélope pour le Musée d’Orsay

Didier Rykner

30/9/18 - Acquisitions - Paris, Musée d’Orsay - En 2016, on se souvient que le Musée d’Orsay avait acquis la Pénélope endormie de Jules Cavelier, une grande sculpture en marbre qui se trouvait en bas de l’escalier du château de Dampierre (voir la brève du 15/7/16). Cette vente par les Luynes de ce qui n’aurait jamais dû quitter ces lieux faisait suite notamment à celle de la bibliothèque.


1. Jules Cavelier (1814-1894)
Pénélope endormie
Terre cuite - 18 x 9,5 x 12 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : La Nouvelle Athènes
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2. Jules Cavelier (1814-1894)
Pénélope endormie
Mine de plomb - 22 x 15,5 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : La Nouvelle Athènes
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Depuis, et alors que fort heureusement l’Athéna de Simart et la fresque d’Ingres sont restées sur place (s’ils l’avaient pu, ses anciens propriétaires auraient tout cédé morceau par morceau), le château a été vendu à un membre de la famille Mulliez, ce qui laisse espérer qu’il va connaître des jours meilleurs [1].

3. Jules Cavelier (1814-1894)
Pénélope endormie, 1849
Marbre - 147 x 80,5 x 128 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : Musée d’Orsay - Patrick Schmidt
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Le Musée d’Orsay a pu récemment acquérir, auprès de la galerie La Nouvelle Athènes, une esquisse en terre cuite (ill. 1) et un dessin (ill. 2) représentant la Pénélope.
La petite sculpture est une étude préparatoire qui présente encore de nombreuses différences avec l’œuvre achevée (ill. 3). Si Pénélope est toujours assise, les membres abandonnés et la tête penchée, on sent que l’artiste cherche encore la position naturelle qui sied à une figure endormie. Telle qu’elle est représentée, il est peu probable qu’elle puisse rester longtemps inconsciente : le bras gauche n’est pas stable, et la position de la tête va rapidement devenir très inconfortable. Au contraire, dans le marbre terminé, les mains sont croisées et posées sur les cuisses tandis que la tête se penche naturellement dans une torsion du cou moindre que dans l’esquisse.

Le dessin, à la mine de plomb, n’est pas une étude pour l’œuvre achevée mais un dessin exécuté juste après son achèvement, à Rome où Cavelier résidait à la Villa Médicis ; elle est dédicacé au peintre Louis-Stanislas Faivre-Duffer, peintre lyonnais élève de Victor Orsel qui participa notamment à l’achèvement du décor de la chapelle des Litanies de la Vierge à Notre-Dame-de-Lorette après la mort de son maître.

Didier Rykner

Notes

[1Signalons qu’à Drouot, une vente anonyme récente a dispersé ce qui se trouvait dans les combles du château et que les Luynes avaient conservés, notamment de nombreuses livrées de chasse...

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