Acquisitions récentes du Musée des Beaux-Arts de Valenciennes

Didier Rykner 1 1 commentaire

1/10/18 - Acquisitions - Valenciennes, Musée des Beaux-Arts - Ce sont des acquisitions modestes, surtout des dons, mais qui constituent néanmoins des enrichissements intéressants que le Musée des Beaux-Arts a pu faire depuis trois ans. Nous les récapitulerons ici par ordre chronologique d’entrée dans les collections :

2015 :


1. Félix Del Marle (1889-1952)
Le Tué, 1914-1915
Encre de Chine - 18,5 x 13,5 cm
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Valenciennes
Voir l´image dans sa page

- Félix del Marle, Le Tué (ill. 1). Né à Pont-sur-Sambres, non loin de Valenciennes où il étudia à l’Académie des Beaux-Arts, Félix del Marle fut un rare exemple d’artiste français adhérant à l’esthétique futuriste. Le Musée des Beaux-Arts, qui conservait déjà de lui trois dessins, cinq maquettes d’architecture, sept peintures et une sculpture, a reçu en don d’Yves Garnier ce dessin, daté de 1914-1915, faisant référence à la Première guerre mondiale.

2016 :


2. Enst Deger (1809-1885)
Étude de mains, vers 1836
Huile sur toile marouflé sur
carton - 15,5 x 16,5 cm
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : Galerie Fichter
Voir l´image dans sa page
3. Enst Deger (1809-1885)
La Vierge adorant l’Enfant Jésus, 1836
Huile sur toile - 116,7 x 108,7 cm
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Valenciennes
Voir l´image dans sa page

- Ernst Deger, Étude de mains (ill. 2). Cette petite huile est une étude pour un bras et une main de la figure du Christ dans un tableau déjà conservé à Valenciennes (ill. 3) ; elle a été achetée auprès de la galerie Fichter de Francfort. La peinture est due à un artiste allemand peu connu, Enst Deger, qui fit partie de l’école de Düsseldorf à qui une exposition avait été consacrée en 2011 (voir notre article). Le style de cette peinture est typiquement nazaréen, l’Académie de Düsseldorf où s’était formé Deger, étant d’ailleurs dirigée par Wilhelm von Schadow, l’un des fondateurs de ce mouvement.


4. Jacques Saly (1717-1776)
Vase ovoïde surmonté de deux sphinx
Sanguine - 27 x 19,5 cm
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Valenciennes
Voir l´image dans sa page
5. Jacques Saly (1717-1776)
Urne à anses en forme d’aigle
Sanguine - 27 x 19,5 cm
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Valenciennes
Voir l´image dans sa page

6. Jacques Saly (1717-1776)
Vase orné d’une scène avec naïade et dieu fleuve
Sanguine - 27 x 19,5 cm
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Valenciennes
Voir l´image dans sa page

- Jacques Saly, trois études de vases à la sanguine (ill. 4 à 6). Ces dessins ont été achetés à la galerie Prouté. Ils préparent une suite gravée par le sculpteur Saly - né à Valenciennes - publiée à Rome en 1746 sous le titre Vasa.


7. Paul Dusart (1865-1933)
Chemin dans la campagne, 1886
Aquarelle sur carton - 33 x 24,2 cm
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Valenciennes
Voir l´image dans sa page
8. Paul Dusart (1865-1933)
Tombe du pape Urbain VIII, 1893
Aquarelle sur carton - 39,5 x 29 cm
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Valenciennes
Voir l´image dans sa page

9. Paul Dusart (1865-1933)
Vue du cloître d’Amalfi, 1894
Aquarelle sur carton - 18 x 22 cm
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Valenciennes
Voir l´image dans sa page
10. Paul Dusart (1865-1933)
Le grand temple de Paestum, 1895
Aquarelle sur carton - 23,8 x 31,7 cm
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Valenciennes
Voir l´image dans sa page

- Quatorze aquarelles par Paul Dusart (ill. 7 à 10). Nous reproduisons ici quatre de ces quatorze aquarelles données par France Nectoux, petite fille de l’artiste. Celui-ci, né à Valenciennes et fils de l’architecte de la ville, fit ses études à l’École des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Victor Laloux et succéda à son père à Valenciennes. Il est notamment l’auteur du Musée des Beaux-Arts.
Ces aquarelles datent de 1886 pour cinq d’entre elles, des années 1892 à 1895 pour cinq autres qui représentent des paysages d’Italie, trois autres de 1924 à 1930 (voyage dans les Pyrénées) et une dernière n’est pas datable.

- Lucien Jonas, Portrait de Léon Dreyfus-Sée (nous ne reproduisons pas cette œuvre faute de disposer d’une photo de qualité suffisante). Il s’agit d’un don de la famille Lévy-Bruhl, arrières petits-enfants de Léon Dreyfus.

2017 :


11. Arnold Frans Rubens (1687-1719)
Scène de bataille
Huile sur panneau - 16,5 x 21,8 cm
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Valenciennes
Voir l´image dans sa page

- Arnold Frans Rubens, Scène de bataille (ill. 11). Cette peinture a été offerte par Bernadette Harmégnies. Elle avait été commandée au peintre par un de ses aïeuls, et était restée dans sa famille depuis.
Bien qu’anversois comme son illustre homonyme, Arnold Frans Rubens, dit Rubens des Batailles n’a aucun rapport avec Pierre-Paul Rubens. Sa carrière fut courte puisqu’il décéda en 1719, à trente-deux ans à peine.


12. Claude-Edme-Charles Lioux de Savignac (1734-après 1786)
Le Siège de Valenciennes
Aquarelle - 23,5 x 32,5 cm
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : SVV Tajan
Voir l´image dans sa page

- Claude-Edme-Charles Lioux de Savignac, Le Siège de Valenciennes (ill. 12). Préemptée chez Tajan le 24 mars 2017 pour 4550 € (frais compris), cette aquarelle est due à Lioux de Savignac, un miniaturiste et spécialiste de la peinture sur porcelaine proche de Louis-Nicolas van Blarenberghe.


13. D’après Pieter de Witte, dit Pietro Candido (1548-1628)
Le Martyre de sainte Ursule et de ses compagnes
Huile sur panneau - 160 x 115 cm
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Valenciennes
Voir l´image dans sa page

- d’après Pietro Candido, Le Martyre de sainte Ursule et de ses compagnes (ill. 13). Acquise de gré à gré chez Enchères Côte d’Opale, maison de vente de Boulogne-sur-Mer, cette copie ancienne, d’assez bonne qualité, d’une composition assez connue de Peter de Witt, dit Pietro Candido est certainement peinte d’après la gravure de Jan Sadeler. Elle provient d’une communauté religieuse, les Ursulines de Notre-Dame de la Garde de Saint-Saulve, dans le Nord.

Le musée vient par ailleurs d’acquérir en septembre de cette année un ensemble de 21 lettres ayant appartenu au sculpteur Pierre Duberteau, toutes en lien avec Jean-Baptiste Carpeaux, qu’il s’agisse de correspondance entre les deux artistes ou de lettres de tiers envoyées à Carpeaux.

On constate donc que le Musée des Beaux-Arts de Valenciennes n’est pas inactif. On signalera également la souscription lancée avec le concours de la Fondation du Patrimoine pour la restauration de la tapisserie du Tournoi, un des chefs-d’œuvre du musée. Le Metropolitan Museum, qui l’empruntera bientôt pour une exposition, participe à hauteur de 50 000 € pour cette opération dont le montant total est de 130 000 €.

Il reste qu’un musée de cette importance mériterait un soutien beaucoup plus important de sa mairie. Si l’on excepte les dons, le budget d’acquisition est d’une faiblesse insigne.

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.