Un tableau de Laura Theresa Alma-Tadema acquis par le Rijksmuseum

Julie Demarle

3/10/18 - Acquisition - Amsterdam, Rijksmuseum - Le Rijksmuseum a acheté, avec l’aide de la BankGiro Loterie, une petite huile sur panneau de Laura Theresa Alma-Tadema auprès de la galerie Talabardon et Gautier. Il rejoint l’Airs et Grâces de l’artiste déjà conservé par le musée ainsi que les œuvres de son époux le peintre anglais d’origine néerlandaise Lawrence Alma-Tadema.


Laura Theresa Alma-Tadema (1852-1909)
Anna feuilletant un recueil d’estampes, 1874
Huile sur panneau - 11,3 x 31,4 cm
Amsterdam, Rijksmuseum
Photo : Amsterdam, Rijksmuseum
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Née en 1852 à Londres, Laura Theresa Epps est l’élève de Lawrence Alma-Tadema avant de devenir sa seconde femme en 1871. De cette rencontre, le Victoria and Albert Museum conserve le Portrait de la Famille Epps, un paravent peint à deux composé de six grandes toiles inachevées qui servit de support aux leçons dispensées par le maître. Elle accède alors rapidement à des cercles artistiques privilégiés dont les femmes sont généralement exclues. Elle prend ainsi part, dès 1873, aux expositions d’été de la Royal Academy of Arts et expose des œuvres à la Grosvenor Gallery, à la New Gallery ou au Salon de Paris. Dans l’ombre de son mari et cantonnée comme nombre d’artistes femmes de son époque aux scènes de genre domestiques, elle ne réussit pas à affirmer sa propre personnalité artistique et ne parvient pas vraiment à être reconnue. L’exposition organisée en son hommage par son mari et ses deux belles-filles à la Fine Art Society de Londres en 1910, un an après sa mort, influe peu sur cette fortune critique.

Comme Lawrence Alma-Tadema, Laura Theresa, très influencée par la peinture néerlandaise du XVIIe siècle, retient l’anecdote, saisit les détails, s’attache aux textures. Comme lui, toujours, elle numérote ses œuvres chronologiquement en leur attribuant un opus. C’est en revanche bien loin des sujets antiques de son mari qu’elle développe ce style et cette méthode communs. Elle multiplie les scènes de vie quotidienne, témoignages intimes de sa vie familiale mettant très souvent en scène ses belles-filles Anna et Laurence. Dans Anna feuilletant un recueil d’estampes, c’est l’aînée, alors âgée de 7 ans, qui, le visage a moitié caché, présente une gravure. Celle qui sera elle-même peintre se tient debout derrière une grande table en bois sur laquelle repose un album d’estampes ouvert et adossé en partie sur le mur à gauche. La gravure exhibée, qui n’a pas été identifiée, occupe le centre de l’œuvre et reprend le format paysage du panneau. Sur le mur du fond, le grand dessin sur papier brun monté dans un fin cadre doré est certainement une esquisse d’une œuvre de Lawrence Alma-Tadema également non identifiée. Le Musée Van Gogh d’Amsterdam conserve un double portrait d’Anna et Laurense, C’est notre coin, peint par leur père à la même époque.

Si l’œuvre de Laura Theresa Alma-Tadema reste largement méconnu, il en est tout autrement de ses traits qu’elle prête à de nombreux personnages féminins - au teint et aux cheveux clairs - des compositions antiques de son mari. Elle pose également pour lui pour plusieurs portraits et fut représentée par certains de leurs amis artistes, en buste par Aimé Jules Dalou en 1875 (Paris, Musée d’Orsay) et par une huile sur cuivre de Jules-Bastien-Lepage en 1879 (Oxford, Ashmolean Museum).

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