Des expositions dans des galeries parisiennes

22/10/19 - Marché de l’art - Paris - Des expositions qui se déroulent hors des dates de salons, voilà une bonne idée qui permet de désengorger des périodes parfois tellement chargées en événements qu’il nous arrive de les rater. Deux galeries parisiennes ont ainsi pris l’initiative de présenter leur nouvelle exposition, chacune accompagnée d’un catalogue, en ce milieu du mois d’octobre, un mois avant Paris Fine Arts.

L’une est nouvellement parisienne puisqu’il s’agit de la galerie Michel Descours, qui s’est installée cette année 10 rue de Louvois (sans quitter Lyon pour autant). Le choix est large puisqu’il va de Federico Barrocci à Vincent Bioulès ! On y remarque donc de nombreux tableaux notables, dont beaucoup d’inédits, d’artistes bien connus comme Nicolas Bertin ou Louis Cretey, et parfois de peintres plus rares tel celui originaire de Bruxelles, mais actif en Italie à la fin du XVIIe siècle, Valentin Lefèvre (ill. 1). Arrivé à Venise avant 1664, il y resta jusqu’à sa mort en 1677. L’œuvre présentée ici montre des caractéristiques vénitiennes presque poussées jusqu’à leur extrême limite, dans une sorte de néo-maniérisme remarquable, témoignant tant de l’influence de Véronèse que de celle des peintres baroques de la première moitié du siècle.


1. Valentin Lefèvre (1637-1677)
La Présentation au Temple
Huile sur toile - 72 x 86,8 cm
Galerie Michel Descours
Photo : Galerie Michel Descours
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2. Pierre Révoil (1776-1842)
Le Duc de Bordeaux veillé par un ange
Plume et encre brune, lavis brun, graphite - 23,6 cm x 28 cm
Galerie Michel Descours
Photo : Galerie Michel Descours
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Parmi les œuvres du XIXe siècle, citons notamment un tableau de Joseph François Ducq, d’une superbe qualité par un artiste pourtant souvent moins heureux, ainsi qu’une grande feuille de Pierre Révoil représentant un ange gardien devant le berceau d’un enfant qui se trouve être le duc de Bordeaux, l’enfant du miracle, fils du duc de Berry assassiné en 1820 (ill. 2). Un sujet proche de celui-ci, mais pour un groupe sculpté, l’ange gardien en bronze par James Pradier, par une coïncidence amusante, est également proposé par la galerie.

Rue Chaptal, c’est la galerie La Nouvelle Athènes qui présente également une de ses traditionnelles expositions, avec l’édition papier d’un catalogue que l’on trouve aussi en ligne. Le champ chronologique est comme toujours compris entre l’extrême fin du XVIIIe - ici un paysage italien de Jean-Joseph-Xavier Bidauld - et le tout début du XXe siècle - une huile sur panneau d’André Devambez.
Parmi les œuvres les plus notables de cette belle sélection, on en remarquera une (ill. 3) qui aurait eu sa place au Musée d’Histoire de la Ville de Paris, s’il y avait eu un tel musée. L’anecdote est belle : alors que le café de Foy, célèbre établissement du Palais-Royal, était en travaux, vers 1805-1810, le jeune Horace Vernet y avait peint une hirondelle, pour masquer un accident survenu au plafond. Découpé de son emplacement d’origine, et récupéré par les descendants de l’artiste, l’oiseau qui avait été célèbre fut exposé à deux reprises, en 1898 pour l’exposition consacrée aux Vernet à l’Écoles des Beaux-Arts, et à la rétrospective centennale de la Ville de Paris pendant l’Exposition universelle de 1900 [1]. À défaut du Musée Carnavalet, cette œuvre entre dans une bonne collection privée.


3. Horace Vernet (1789-1863)
L’Hirondelle du café de Foy, vers 1805-1810
Huile sur toile marouflée
sur panneau - 28 x 38 cm
Galerie La Nouvelle Athènes
Photo : Galerie La Nouvelle Athènes
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4. Jean-Baptiste Frénet (1814-1889)
Crucifixion, vers 1840
Huile sur toile - 75,5 x 85,5 cm
Galerie La Nouvelle Athènes
Photo : Galerie La Nouvelle Athènes
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Signalons aussi un tableau que nous avions vu passer sur le marché de l’art sans le comprendre, dont l’attribution pourtant, une fois brillamment faite par la galerie, est évidente : une Crucifixion de Jean-Baptiste Frénet (ill. 4), artiste aussi inégal que l’était son humeur, et qui signe ici un tableau entre Lehmann et Chassériau, particulièrement réussi. On signalera enfin une toile de l’excellent François-Auguste Biard, que l’on retrouvera bientôt dans l’exposition monographique que lui consacrera en 2020 la Maison de Victor Hugo, l’un des musées de la Ville de Paris, avec beaucoup d’autres (le Petit Palais, le Musée Bourdelle par exemple) qui, heureusement, travaillent bien mieux que le musée d’histoire dont nous parlions plus haut, et qui existe finalement, paraît-il, et rouvrira bientôt ses portes.

Signalons aussi, dans la même rue, l’exposition de la galerie Chaptal, avec également de jolies œuvres mais sans catalogue. Nous aurions aimé reproduire un beau tableau du peintre romantique Alexandre Colin, mais nous n’avons malheureusement pas reçu l’image à temps.

Galerie Michel Descours, 10 rue de Louvois 75002 Paris. Exposition jusqu’au 29 novembre 2019.
Galerie La Nouvelle Athènes, 22 rue Chaptal 75009 Paris. Exposition du 18 octobre au 8 novembre 2019.
Galerie Chaptal, 7 rue Chaptal 75009 Paris.

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