Une nature morte de Nicolaes van Verendael pour le Wadsworth Atheneum Museum of Art

Alexandre Lafore 1 1 commentaire
1. Nicolaes van Verendael (1640-1691)
Nature morte, 1682
Huile sur cuivre - 45 x 35,7 cm
Hartford, Wadsworth Atheneum Museum of Art
Photo : Wadsworth Atheneum Museum of Art
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28/8/19 - Acquisition - Hartford, Wadsworth Atheneum Museum of Art - C’est une ravissante nature morte, passée en vente chez Sotheby’s à Paris en juin 2018, qui vient judicieusement enrichir les collections du Wadsworth Atheneum Museum d’Hartford : le musée américain a annoncé au début de l’été l’acquisition [1] de ce tableau de Nicolaes van Verendael, que la galerie suisse David Koetser proposait à la dernière édition de la Tefaf de Maastricht [2]. L’artiste anversois, dont les œuvres sont assez rares, trouvera facilement sa place au sein du musée du Connecticut qui expose déjà des natures morts de Balthasar van den Ast ou Willem Claesz. Heda.

Ce précieux tableau, qui avait déjà connu le feu des enchères parisiennes à la fin du XVIIIe siècle, est une œuvre caractéristique de la fin de la carrière du peintre. La notice du catalogue de sa vente en 1797 déclarait déjà que « ce tableau est un des plus beaux que l’on puisse trouver de ce maître » et l’on ne peut que souscrire à cet avis, le choix d’une grande plaque de cuivre comme support venant encore rehausser le raffinement de la peinture.

Nicolaes van Verendael fut l’un des peintres de natures mortes les plus réputés de son temps. Formé par son père, lui-même peintre, il rejoignit la guilde de Saint-Luc à Anvers en 1657. La ville comptait alors plusieurs artistes majeurs, comme David Teniers le Jeune ou Jan Davidsz. de Heem, avec lesquels il collabora. Outre ces maîtres contemporains, Nicolaes van Verendael ne manqua pas d’observer les travaux de la génération précédente et son œuvre est également marqué par la leçon de Daniel Seghers ou Jan Brueghel l’Ancien. Dès le XVIIe siècle, ses tableaux étaient à la fois admirés pour ses effets de lumière – le double reflet des fenêtres sur le vase de verre, les rehauts sur les gouttelettes d’eau sur le bord de la table – et la perfection de ses fleurs, aux couleurs vives et contrastées.

Cette composition, éclatante démonstration de la virtuosité de l’artiste, n’en reste pas moins très vivante : on y remarque notamment trois papillons et divers autres insectes venant s’ébattre parmi les fleurs, dont la variété des formes et l’intensité des couleurs ne vient pas troubler l’harmonie de l’ensemble. On en oublierait presque la portée traditionnellement métaphysique de ces peintures dans l’art du XVIIe siècle : une montre, opportunément posée au pied du vase, s’empresse cependant de venir nous rappeler que la mort viendra un jour faucher chaque être vivant.

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