Un vitrail Tiffany pour l’Art Institute de Chicago

12/2/19 - Acquisition - Chicago, The Art Institute - L’Art Institute de Chicago vient de s’enrichir d’un grand vitrail des ateliers Tiffany (Tiffany Studios), exécuté d’après un carton attribué à Agnes Northrop et daté de 1917.


1. Attribué à Agnes Northrup (1857-1953)
Tiffany Studios (1902-1932)
Hartwell Memorial Window (Light in Heaven and Earth), 1917
Vitrail - 701 x 487,7 cm
Chicago, The Art Institute
Photo : The Art Institute of Chicago
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Louis Comfort Tiffany employa de nombreux artistes dans ses ateliers, qui étaient d’ailleurs souvent crédités pour leurs œuvres. On y trouvait tant des hommes que plusieurs femmes, parmi lesquelles figurait Agnes Northrop, l’une des six membres du Women’s Glass Cutting Department, spécialisée dans les paysages et les compositions florales. Le vitrail de très grande taille - il mesure sept mètres de haut - représente un paysage montagneux d’où coule un torrent, vu de face, avec au fond le mont Chocorua dans le New Hampshire. Les coloris subtils témoignent de l’extrême qualité des œuvres qui sortaient des ateliers Tiffany. Il fait actuellement l’objet de travaux de conservation et sera installé l’automne prochain en haut de l’escalier donnant sur l’entrée de Michigan Avenue.


2. Attribué à Agnes Northrup (1857-1953)
Tiffany Studios (1902-1932)
The Stream of Light, 1914
Vitrail - 171,4 x 60,3 cm
Vente Sotheby’s New York, 14 décembre 2016
Photo : Sotheby’s
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L’acquisition de ce vitrail par l’un des plus grands musées américains permettra certainement à davantage d’amateurs de pouvoir l’admirer. Elle pose néanmoins pour les États-Unis une question que nous connaissons bien en France - même si elle serait certainement plus difficile dans notre pays où la plupart des églises sont publiques et ne peuvent vendre leurs vitraux - celle de l’enlèvement d’œuvres des lieux pour lesquels elles ont été exécutées. Car le vendeur n’est autre que la Community Church de Providence (Rhode Island), autrefois nommée Central Baptist Church, une église pour laquelle elle avait été commandée à Tiffany par Mary L. Hartwell en mémoire de son mari Frederick W. Hartwell, ce qui avait d’ailleurs occasionné des controverses au sein de la congrégation en raison de son caractère purement profane [1]. Faut-il y voir la raison de sa vente à l’Art Institute, ou s’agit-il plutôt d’une affaire de gros sous ? Il est vrai que le prix de plus de 2,6 millions de dollars atteint il y a un peu plus de trois ans chez Sotheby’s New York par un autre vitrail (ill. 2) assez comparable (mais beaucoup plus petit), lui aussi vendu par une congrégation religieuse, la First Presbyterian Church of the Covenant (Pennsylvanie), peut susciter des vocations. Il est dommage que la loi américaine ne prévoit pas de protéger de tels ensembles. Rappelons qu’on peut voir à Paris deux vitraux de Tiffany dans l’église américaine, tous deux classés monuments historiques.

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