Un trompe-l’œil pour Rouen

Didier Rykner

14/5/19 - Acquisition - Rouen, Musée des Beaux-Arts - Le Musée des Beaux-Arts de Rouen a préempté, dimanche 12 mai à Doullens (Somme), un tableau en trompe-l’œil par Gabriel Joncherie, pour 10 000 € (hors frais). Cette acquisition est financée par l’Association des Amis de la Ville de Rouen.


1. Gabriel-Germain Joncherie (vers 1790-après 1844)
Trompe-l’œil au cabinet de curiosités, 1823
Huile sur toile - 60 x 49 cm
Préempté par le Musée des Beaux-Arts de Rouen
Photo : SVV Herbette
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On se rappelle que le musée avait, à l’occasion d’une édition du Temps des collections en 2016-2017, présenté une exposition-dossier consacrée au thème du trompe-l’œil (voir l’article). La collection Baderou, offerte en 1975, conserve en effet une Armoire en trompe-l’œil de Cornelis Norbertus Gysbrechts qui a été l’occasion de réunir un ensemble de toiles de ce genre bien particulier. Récemment, nous avions parlé de l’achat d’une œuvre de François Jouvenet, et d’une gouache de Jean-Jacques Lequeu (voir la brève du 2/4/18).


2. Gabriel-Germain Joncherie (vers 1790-après 1844)
Le chat et les chardonnerets
Huile sur toile
Rouen, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Rouen
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Mal connu (ses dates de naissance et de mort sont incertaines), Joncherie est l’auteur de plusieurs trompe-l’œil comme celui-ci, mais aussi de natures mortes ou de scènes d’intérieur. Il exposa au Salon de 1831 à 1844, tandis que sa première œuvre conservée est datée de 1808.
Le cabinet de curiosité qu’il réalise ici, signé et daté de 1823, lui permet de représenter plusieurs objets que l’on trouve fréquemment dans les trompe-l’œil : une carte à jouer, un revers de tableau et un tableau, accompagnés d’une palette, comme une allégorie de la peinture qui rend capable ainsi d’imiter la réalité, des animaux empaillés, eux-même trompe-l’œil mimant la vie. Comme l’écrit Diederik Bakhuÿs devant une certaine naïveté assumée par l’artiste : « Avec cet amalgame d’archaïsme et d’inventivité, l’œuvre entre pleinement en consonance avec le goût de Baderou pour les pièces curieuses et les artistes oubliés. » Il nous a par ailleurs précisé qu’un tableau de cette collection Baderou, Le chat et les chardonnerets, jusque-là anonyme, avait pu récemment être attribué au même Joncherie.

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