Un tableau de l’École de Fontainebleau préempté par le Louvre

Didier Rykner

6/10/19 - Acquisition - Paris, Musée du Louvre - Qu’il s’agisse du Louvre ou du château de Fontainebleau, peu de tableaux de l’École de Fontainebleau passant en vente, pourvu qu’ils soient de qualité, échappent aux musées, d’autant que leurs prix sont souvent très raisonnables compte tenu de leur qualité.


École de Fontainebleau, vers 1550
Artémise buvant les cendres de Mausole (?)
Huile sur toile - 32 x 79 cm
Préempté par le Musée du Louvre
Photo : Le Floc’h
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Cette règle vient une nouvelle fois de se confirmer aujourd’hui à Saint-Cloud, chez la maison de vente Le Floc’h, où le Louvre a préempté pour la somme modique de 9 000 € hors frais une toile représentant sans doute (l’iconographie n’est pas certaine) Artémise buvant les cendres de Mausole. On y voit au centre de la composition une jeune femme à qui l’on verse une coupe et qui pourrait être Artémise, reine d’Hélicarnasse, femme du roi Mausole, qui édifia à sa mort son Mausolée qui fut considéré comme une des sept merveilles du monde. Ce mausolée ne contenait cependant pas les restes du défunt puisqu’Artémise alla jusqu’à boire les cendres de son époux dilué dans un breuvage. Le personnage d’Artémise fut fréquemment représenté dans la peinture européenne, notamment au XVIe et au XVIIe siècles. Lié à l’École de Fontainebleau, Antoine Caron est notamment l’auteur des dessins préparatoires pour les cartons du cycle de tapisseries de l’Histoire d’Artémise.

Selon le cabinet Turquin qui présentait le tableau, il s’agit d’une toile datable des années 1550, probablement par un artiste originaire d’Émilie, région italienne d’où provenait Primatice, né à Bologne et Niccolò dell’Abbate, qui vit le jour à Modène. Il y distingue en effet l’influence de Pellegrino Tibaldi « dans le traitement de certains prêtres », et de Parmigianino dans les putti et le personnage central. Le format, très en largeur, indique certainement qu’il provient d’un décor aujourd’hui démembré.
Peut-être le Louvre a-t-il une idée plus précise de l’auteur de cette œuvre. Rappelons qu’il avait acquis en 2016, grâce aux Amis du Louvre (voir la brève du 1/2/16), une Pandore anonyme de l’École de Fontainebleau désormais présenté sous le nom de Niccolò dell’Abbate.

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