La réouverture de la Salle des États au Louvre

Didier Rykner
1. La Salle des États au Louvre après sa réouverture
Photo : Didier Rykner
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7/10/19 - Accrochage - Paris, Musée du Louvre - Après plusieurs mois de chaos au Louvre dû au déplacement de la Joconde pour la réfection de la Salle des États, la situation redevient normale. S’il n’était pas forcément nécessaire quinze ans après, de plonger le musée dans un nouveau chantier, reconnaissons que cette salle, repeinte entièrement dans un beau bleu (ill. 1), est bien plus adaptée qu’auparavant à l’accrochage des œuvres, d’autant que celui-ci est plutôt réussi. Les vénitiens purs sont dans l’ensemble regroupés autour des Noces de Cana tandis que les artistes plutôt actifs dans d’autres villes de Vénétie se trouvent de l’autre côté de la salle. On peut ainsi voir un beau mur Lorenzo Lotto (ill. 2) tandis que la copie de la Vierge au lapin se trouve désormais exposée ici à côté de son modèle (ill. 3).


2. Tableaux de Lorenzo Lotto dans la Salle des États
après sa réouverture
Photo : Didier Rykner
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3. En bas, La Vierge au Lapin de Titien
En haut, sa copie par Édouard Manet
Photo : Didier Rykner
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La Joconde a été replacée dans son caisson d’origine, mais plutôt que de laisser les visiteurs s’agglutiner devant sans cohérence, une file d’attente a été organisée (ill. 4). Si la solution ne peut être que temporaire, elle est probablement meilleure que ce qui existait avant. Les visiteurs attendent mais de manière assez courte et ils peuvent ensuite voir le tableau dans de meilleures conditions sans avoir à jouer des coudes. Il reste qu’il va bien falloir imaginer d’autres solutions car la présence de cette peinture au sein de cette salle nuit à la vision de toutes les autres ou presque. Ainsi en va-t-il de ce grand plafond de Véronèse [1] (ill. 5) qui nécessite un recul important, ou même des Noces de Cana. Il est impossible de bien les voir à cause de la file de la Joconde.


4. File d’attente pour voir la Joconde
Photo : Didier Rykner
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5. Jupiter, roi des dieux romains, punissant
les Vices
par Véronèse tel qu’on peut le voir actuellement dans la Salle des États
Photo : Didier Rykner
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On constate donc, une nouvelle fois, que les seuls réels problèmes de fréquentation - et encore ne justifient-ils pas une réservation obligatoire - sont la Grande Galerie et cette Salle des États, et peut-être aussi les salles Daru et Mollien des grands formats du XIXe siècle, surfréquentés uniquement à cause de la présence de la Joconde.

La seule solution viable, répétons-le, reste donc bien de sortir ce tableau définitivement des salles d’exposition du musée. De l’espace est disponible là où se trouvent les réserves qui vont être enterrées à Liévin. Qu’au moins leur départ serve à quelque chose....

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