Don d’un coffret à bijoux de la duchesse de Berry au Louvre

Julie Demarle

6/9/19 - Acquisition - Paris, Musée du Louvre - Le département des Objets d’art du Louvre s’enrichit d’un coffret à bijoux néogothique ayant appartenu à la duchesse de Berry, belle-fille du roi Charles X [1]. Il est offert au musée par la comtesse italienne Cristiana Brandolini d’Adda – par l’intermédiaire de la Société des Amis du Louvre – en mémoire de son mari le comte Brando Brandolini d’Adda, descendant de la duchesse.


Manufacture de Sèvres
Jean Charles François Leloy (1774-1846), ornemaniste
Guglielmo Faija (1803-1861), peintre
Pierre Boudet (actif à la Manufacture de Sèvres de 1827 à 1832), peintre
Louis Honoré Boquet (1786-1860), ciseleur
Coffret à bijoux de la duchesse de Berry, 1829
Porcelaine dure, bronze doré
Paris, Musée du Louvre
Photo : Musée du Louvre
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Les archives de la manufacture de Sèvres documentent précisément l’objet. L’ornemaniste Jean Charles François Leloy (1774-1846) proposa en août 1829 quatre dessins pour un « coffret à bijoux stile gothique pour recevoir les portraits [sic] de la duchesse de Berry » qui fut ensuite fabriqué d’octobre à décembre. Le coffret entra au magasin de vente de la manufacture le 21 décembre 1829 - au prix de 3600 francs - avant d’être présenté à l’Exposition des produits des manufactures royales en janvier 1830. Il fut acheté par la duchesse de Berry quelques mois plus tard, le 5 avril 1830. Il parvint par descendance au comte Brando Brandolini d’Adda (1918-2005), fils de Carlo Brandolini d’Adda (1887-1942) et de Maria José Álvares Pereira di Melo (1893-1947), petite-fille de la duchesse de Berry issue de son second mariage avec le comte italien Hector Lucchesi Palli en 1831.

Le coffret, qui revêt la forme d’une châsse gothique, est orné en son centre d’un petit portrait de la duchesse de Berry. Il s’agit d’une miniature sur porcelaine réalisée antérieurement par Guglielmo Faija (1803-1861) peintre italien qui travailla, notamment, pour la famille royale française sous la Restauration et la Monarchie de Juillet. Cette effigie, confiée à la manufacture par la duchesse elle-même, s’inspire de son grand portrait en pied par Alexandre Dubois-Drahonet exposé au Salon de 1827. Le Musée des Arts décoratifs en conserve une réplique de 1828 déposée par le musée de Picardie d’Amiens. La duchesse y est vêtue d’une robe de velours émeraude aux manches bouffantes de soie blanche surmontées de fourrure brune. Pierres et perles ornent l’épingle de ses cheveux, sa large ceinture, ses broches et ses boucles d’oreilles. Les autres plaques de porcelaine furent peintes par Pierre Boudet. Elles représentent divers bijoux et objets de nécessaires à parfum ou à couture qui semblent suggérer un emploi non exclusif du coffret.

Les plaques de porcelaine, comme les bronzes exécutés par Louis Honoré Boquet, déploient divers motifs architecturaux gothiques. La base du coffret est surlignée d’une frise d’arcatures, le portrait est encadré d’une ogive tandis qu’une rosace entoure chacun des médaillons peints. De fines colonnes ciselées scandent les différentes faces alors que pinacles, fleurons et clochetons coiffent le coffret. Ils font de ce dernier un parfait exemple du style néogothique en vogue sous la Restauration et dont la duchesse de Berry était particulièrement friande.

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