Un tableau de jeunesse de Le Brun offert à Versailles

Didier Rykner

26/11/18 - Acquisition - Versailles, Musée national du château - Grâce au généreux mécénat du comte Édouard de Royère par l’intermédiaire de la Société des Amis de Versailles, le château vient de s’enrichir d’une œuvre de jeunesse de Charles Le Brun (ill. 1) représentant la naissance du duc d’Anjou, second fils de Louis XIII dont la naissance, peu après celle du Dauphin Louis, semblait presque aussi miraculeuse alors que la reine n’avait pas réussi à concevoir d’héritier pendant plus de vingt ans.


1. Charles Le Brun (1619-1690)
Le berceau royal du duc d’Anjou, 1640
Huile sur panneau - 27 x 36,5 cm
Versailles, Musée national du château
Photo : Société des Amis de Versailles
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Cette œuvre fait partie d’une série de petits tableaux peints sur bois qui n’ont été reconnus que récemment comme des œuvres de Le Brun. Ce panneau inédit peut notamment être rapproché de L’Enfance (ill. 2) et de l’Allégorie avec une femme et deux amours qui furent présentés lors de la rétrospective Le Brun à Lens en 2016 (voir l’article). La femme qui tient le dauphin sur ses genoux - il semble s’agir d’une nourrice plutôt que de la reine, le jeune homme à l’attitude familière qui se tient derrière elle pouvant d’ailleurs difficilement passer pour Louis XIII - est d’un canon très proche à celui de celle que l’on voit dans L’Enfance, les enfants des deux tableaux se ressemblant également fortement. Le tout fait penser aux compositions gravées d’Abraham Bosse et à une influence nordique.


2. Charles Le Brun (1619-1690)
L’Enfance, vers 1639-1640
Huile sur panneau - 25,8 x 34 cm
Suisse, collection particulière
Photo : Auteur inconnu (Domaine public)
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Reste un point qui nous semble étrange : comment un élève de Vouet, qui en 1640-1641 peint un tableau comme Hercule terrassant Diomède déjà plein de la fougue baroque de son maître peut-il, à peu près au même moment, réaliser une œuvre comme celle-ci, presque une miniature, encore tout empreinte de l’exemple de la peinture parisienne au goût précieux et encore maniériste, celle de Lallemant, Saint-Igny ou Brébiette, qui en est aussi éloigné que possible ? Bénédicte Gady l’explique dans sa thèse par la destination précise, le modèle pour une estampe demi-fine, qui répond à un canon propre, fort différente des grands tableaux [1].

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