Un relief de Jacques Zwobada entre au Musée des Beaux-Arts d’Orléans

Didier Rykner

7/1/19 - Acquisition - Orléans, Musée des Beaux-Arts - Il est parfois possible de voir les nouvelles acquisitions d’un musée avant que l’entrée de l’objet soit officielle dans les collections. C’est le cas en ce moment au Musée des Beaux-Arts d’Orléans où un grand plâtre offert par la Société des amis du musée, mais qui n’est pas encore passé en commission d’acquisition, est présenté dans les salles plutôt que de le conserver en réserves (ill. 1). Il est donc pour l’instant seulement déposé par l’association. On voit mal néanmoins comment l’entrée au musée de cette œuvre importante pourrait ne pas être entérinée.


1. Jacques Zwobada (1900-1967)
Jeunesse, 1939
Plâtre - environ 200 x 200 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts d’Orléans
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Il s’agit d’une sculpture en plâtre de Jacques Zwobada, achetée pour la somme modique de 1500 € auprès des descendants du sculpteur, et grâce aux filles de Jean Zay, représentant une allégorie de la Jeunesse, modèle d’une sculpture en pierre commandée en 1939 pour le bureau de Jean Zay au ministère de l’Éducation Nationale. La sculpture définitive se trouve aujourd’hui au Musée des Années 30 à Boulogne Billancourt (ill. 2).
Outre ses qualités esthétiques évidentes, ce grand relief Art déco est intéressant par sa destination : Jean Zay est né à Orléans ce qui justifie que le musée réunisse des œuvres qui lui sont rattachées. Faussement accusé de désertion devant l’ennemi et incarcéré (il fut réhabilité après la guerre, et repose depuis 2015 au Panthéon), victime également d’une violente campagne antisémite, Jean Zay fut assassiné par des miliciens français en 1944.


2. Jacques Zwobada (1900-1967)
Jeunesse
Pierre - environ 200 x 200 cm
Boulogne, Musée des Années 30
Photo : Jean-Louis Gautreau
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Né en 1900, élève de Jean-Antoine Injalbert et fortement marqué par l’art de Rodin, Jacques Zwobada obtint une médaille d’or à l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes en 1925 et fut second grand prix de Rome en 1928 avec La Vocation de saint François d’Assise. Un an plus tard, il emporta avec son confrère René Letourneur un concours pour un magnifique monument à Bolivar, pour Quito en Équateur, aujourd’hui toujours en place.

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