Un Martínez pour le Louvre

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21/6/18 - Acquisition - Paris, Musée du Louvre - Un Martínez au Louvre voilà une bonne nouvelle. Nous voulons bien sûr parler de Sebastián Martínez ou plutôt Sebastián Martínez Domedel, peintre espagnol du XVIIe siècle, dont un tableau représentant la Mort d’Abel, que nous avions remarqué lors de la dernière Biennale sur le stand de la galerie Descours (voir l’article), vient d’être acquis par le musée parisien.


Sebastián Martínez Domedel (vers 1615-1667)
La Mort d’Abel
Huile sur toile - 206 x 161 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : Galerie Michel Descours
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Si les débuts de l’artiste, entre Jaén et Cordoue, sont mal connus, celui-ci bénéficia cependant d’une certaine notoriété et finit même sa carrière à la cour de Madrid. Palomino, le biographe des peintres espagnols, souligne sa manière « extravagante », ce dont cette toile témoigne parfaitement.

Adam, en haillons, s’appuie sur un long bâton, debout, montrant la scène de la main gauche. Ève, désespérée, s’apprête à étreindre le corps d’Abel qui vient d’être tué par Caïn avec la mâchoire d’âne que l’on voit au premier plan. Tout au fond, dans un ciel d’orage, apparaît une trouée lumineuse où l’on voit Dieu le Père tenant le globe et semblant curieusement se désintéresser de l’épisode tragique. Cette scène, dans son pathétique presque expressionniste (on remarquera notamment la main droite crispée d’Ève) ressemble à une lamentation sur le Christ mort, un sujet avec lequel elle pourrait être confondue après un coup d’œil trop rapide. L’œuvre est réellement splendide et constitue un magnifique enrichissement des collections espagnoles du Louvre.

Cette peinture, qui se trouvait dans la cathédrale de Séville sous une attribution à Alonso Cano au début du XIXe siècle, fut confisquée par le maréchal Soult en mai 1810. Celui-ci le proposa alors en vain au Louvre et le tableau fut finalement cédé lors de la vente Soult en 1852, cette fois sous le nom de Pacheco. Au XXe siècle, il faisait partie de la collection de peinture espagnole du château de Villandry (dont il reste quelques beaux exemples encore en place) mais fut une nouvelle fois vendu en 1953. Jusqu’en 2016, il faisait partie de la collection d’une fondation suisse auprès de qui le galeriste Michel Descours l’avait acquis comme une œuvre anonyme de la fin du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe,

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