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Treize œuvres restaurées grâce à Allianz et à la Sauvegarde de l’Art français

La Sauvegarde de l’Art français fait partie des associations les plus utiles pour la préservation du patrimoine. S’intéressant à la fois aux monuments immeubles et aux objets d’art conservés notamment dans les églises, elle œuvre avec opiniâtreté et efficacité à la conservation de ces objets essentiels, si souvent délaissés et méconnus. La Tribune de l’Art est particulièrement attentive à cette question des objets mobiliers. Récemment encore, nous avons dénoncé les restaurations abusives qui ne sont pas si rares, et qui témoignent souvent de la méconnaissance et de l’inculture de certains paroissiens, élus et membres du clergé. En mettant l’accent sur les menaces qui pèsent sur elles, en trouvant des financements pour les restaurer sous le contrôle des DRAC et dans le respect de la déontologie, avec des professionnels reconnus, la Sauvegarde mérite d’être encouragée et soutenue.

L’association est également très efficace dans la recherche de mécénat. C’est ainsi que dans le cadre plus large de l’opération le Plus Grand Musée de France, elle a pu bénéficier de celui de la société Allianz. Du 16 septembre 2021 au 31 janvier 2022 ont été sélectionnées 13 œuvres dans les 13 régions françaises, qui vont être restaurées et bénéficier d’un don de 8 000 € par œuvres, soit au total 104∞000 €. Il s’agissait, comme souvent pour ces actions, de faire choisir par le public (ici les salariés de l’entreprise, les Agents Généraux mais aussi le plus grand public) une centaine d’œuvres, réduites à 39 (trois par région) par un jury de représentants de la Sauvegarde et d’Allianz. Un dernier vote (plus de 67 000 personnes ont participé) a permis de sélectionner les 13 qui pourraient bénéficier de ce mécénat.

L’action est pédagogique, car elle amène les personnes concernées à se pencher sur un patrimoine qu’elles ignorent, le plus souvent, et à leur faire prendre conscience de sa valeur et de la nécessité de le protéger. Son seul défaut, à notre avis - mais l’un peut-être ne va pas sans l’autre - est qu’il oblige à choisir. Et si l’on restaure une œuvre, qu’adviendra-t-il des deux autres ? Les critères de choix sont-ils les bons, de la part de personnes qui ne sont pas au fait du sujet ? N’y-a-t-il pas un risque de sélectionner un objet moins important historiquement ou artistiquement, ou qui n’est pas menacé, tout en laissant de côté un chef-d’œuvre proche de la ruine ? Bien évidemment, l’affaire est plus subtile et moins manichéenne : l’association n’abandonne pas les objets non retenus, et s’il y a urgence réelle elle s’en occupera probablement à terme. Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, le village d’Usson avait demandé l’aide de la Sauvegarde en 2016, et c’est finalement aujourd’hui que celle-ci lui a été accordée. Mais il nous paraît important, tout en signalant ici les œuvres bénéficiant du mécénat d’Allianz, de souligner celles qui mériteraient rapidement d’être également restaurées. Si d’autres mécènes lisent ces lignes et voudraient se pencher sur telle…

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