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Entretien avec Olivier de Rohan Chabot, président de la Sauvegarde de l’Art français
La Sauvegarde de l’Art Français a pour mission de préserver et de mettre en valeur le patrimoine français mobilier et immobilier. Elle est à l’origine de nombreux chantiers de restauration, apportant à la fois son soutien financier et l’expertise de professionnels. Son président, Olivier de Rohan Chabot (ill. 1), nous a accordé un entretien sous le regard d’Aurore et Céphale, peinture de Simon Vouet au plafond de son bureau.
Une collecte nationale de dons pour sauver le patrimoine religieux a été lancée par La Sauvegarde de l’Art Français en novembre dernier. Comment cette initiative est-elle née ?
Tout est parti du discours du président de la République à Semur-en-Auxois en 2023, dans lequel l’État en sa personne prenait acte du fait que le patrimoine religieux constitue la principale charge patrimoniale des communes de France, à laquelle il est très rare qu’elles puissent faire face si elles n’y sont pas aidées. Beaucoup d’églises, en effet, ne sont ni classées ni inscrites et ne bénéficient, par conséquent, d’aucune protection du ministère de la Culture. Elles peuvent obtenir le soutien des conseils départementaux et régionaux mais, fondamentalement, il n’y a pas de politique d’État pour s’occuper des églises rurales non protégées. Aucune administration n’est chargée de ce patrimoine qui représente pourtant la grande majorité des édifices religieux.
Le discours du président a donc remis au premier plan un sujet longtemps délaissé, en raison du désintérêt qu’il suscitait et de son caractère religieux. Constatant l’engouement populaire autour de Notre-Dame de Paris, le président a estimé qu’un avantage fiscal similaire à celui accordé pour sa restauration devait être étendu au sauvetage des églises rurales. Cette mesure vise à encourager les dons des particuliers, jusqu’à 1 000 €, en leur permettant de bénéficier d’une réduction fiscale exceptionnelle de 75 % de l’impôt sur le revenu, au profit d’édifices situés dans des communes de moins de 10 000 habitants.
La Fondation du patrimoine a été la première à pouvoir accorder cet avantage fiscal afin d’organiser une grande collecte nationale. En juillet dernier, le ministère de la Culture a décidé d’étendre ce dispositif à La Sauvegarde de l’Art Français, premier mécène des églises et chapelles rurales en France, reconnaissant ainsi son expertise et son engagement de longue date. Entourée d’un réseau d’experts en architecture et en histoire de l’art, notre Fondation a vu son savoir-faire confirmé par la signature d’une convention-cadre, marquant le lancement officiel d’une campagne de votes et de dons auprès du grand public. Nous avons pensé qu’il fallait d’abord retenir l’attention des Français, susciter leur engouement en leur demandant de choisir, dans chaque région, parmi trois édifices en danger (ill. 2 et 3). Ce vote s’est achevé en novembre dernier.…