Restitution d’un triptyque flamand par le Musée Crozatier du Puy-en-Velay


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1. Flandres, XVe siècle
Triptyque de la Crucifixion
Huile sur panneaux
78 x 56 cm (panneau central) et 80 x 24 cm (panneaux latéraux)
Collection particulière
Photo : RMN-GP
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13/2/18 - Restitution - Le Puy-en-Velay - La ministre de la Culture a rendu aux petits-enfants d’un couple de collectionneurs un tableau que ceux-ci avaient vendus en 1938 en Allemagne pour fuir les persécutions nazies. Contrairement à ce qu’on a pu lire ici ou là, la restitution n’a pas été effectuée réellement par le Louvre, à qui il avait été affecté, mais par le Musée Crozatier du Puy-en-Velay où il était déposé depuis 1966 après l’avoir été au Musée des Beaux-Arts d’Alger entre 1952 et 1961.

L’œuvre en question est très généreusement « attribuée à l’atelier de Joachim Patinir » alors que selon les spécialistes elle n’a pas grand chose à voir avec cet artiste. La restitution d’œuvres volées ou dont les propriétaires ont été forcés de se séparer dans des conditions tragiques pendant la période nazie est un devoir que le ministère et les musées ont désormais bien pris en compte. Depuis quelques années, seules des œuvres de second plan ou qui n’apportaient rien aux collections publiques ont retrouvé leurs propriétaires. On espère que dans le cas où une œuvre majeure pour les musées français serait restituée, et dans l’hypothèse où celle-ci serait mise sur le marché par ses propriétaires (ce qui est fréquent après une restitution), elle pourrait être achetée par les musées français.


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2. Michael Sweerts (1618-1664)
Gentihomme arrivant dans un port méridional
Huile sur toile - 64 x 87 cm
Paris, Musée du Louvre (M. N. R.)
Photo : RMN-GP/G. Blot
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Les participants à la cérémonie étaient ensuite conviés au Louvre pour voir les deux salles que le Louvre consacre désormais aux M. N. R. (Musées Nationaux Récupération), au deuxième étage de la cour carrée dans le parcours de la peinture flamande. Il y présente une sélection de tableaux, pour la plupart médiocres, qui ne peuvent trouver leur place dans les collections permanentes. On y remarque néanmoins quelques œuvres importantes (un Delacroix et un Sweerts - ill. 2) - notamment). Plutôt que de réunir quelques tableaux dans deux salles que les visiteurs risquent d’avoir du mal à trouver, il serait beaucoup plus utile d’insérer ces peintures dans le parcours permanent, en leur adjoignant un cartel immédiatement reconnaissable et portant toutes les informations nécessaires ce qui n’est pour l’instant pas le cas. Rappelons qu’une base de données intitulée Rose-Valland recense toutes les œuvres M. N. R.


Didier Rykner, mardi 13 février 2018


P.-S.

Addendum du 14/2/18 : Le Canard Enchaîné d’aujourd’hui ainsi que le New York Times, mais aussi des tweets de Louvre pour tous, remarquent à raison que le Louvre ne précise jamais dans ses explications de la salle M. N. R. pourquoi les propriétaires ont été spoliés. La réponse va de soi, mais il serait normal de le rappeler pour ceux qui ont la mémoire courte. On espère dont que le Louvre précisera que les spoliations effectuées par les Nazis et le régime de Vichy l’ont été pour la seule raison que leurs propriétaires étaient juifs.





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