Quatre œuvres phares des ventes parisiennes

12/11/19 - Marché de l’art - Paris - Les œuvres importantes se vendent bien en France, tout aussi bien finalement qu’à New York ou à Londres comme l’a prouvé récemment le prix auquel a été adjugé le tableau de Cimabue, qui plus est hors de la capitale (voir la brève du 27/10/19). C’est sans doute pour cela que de plus en plus de tableaux ou sculptures majeurs sont proposés aux enchère en ce mois de novembre, soit à l’occasion des ventes organisées pendant la semaine du salon Paris Fine Arts, soit quelques jours plus tard.


1. Michel Sweerts (1618-1664)
Le toucher
Huile sur toile - 75 x 60 cm
Vente Mirabaud-Mercier du 15 novembre 2019
Photo : Mirabaud-Mercier
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C’est ainsi que chez Mirabaud-Mercier, le 15 novembre, sera présenté un tableau de Michael Sweerts (ill. 1). L’œuvre fait partie d’une série des cinq sens, dont seul L’Odorat est localisé et conservé à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne. Il représente ici Le Toucher avec la figure d’un jeune homme caressant un chat. Né à Bruxelles, Sweerts a un style souvent très réaliste qui, dans cette œuvre, n’est pas tout à fait étranger à l’art de Frans Hals. Anciennement attribué à Theodor Rombouts, le tableau a été reconnu comme de Sweerts par la spécialiste de l’artiste, Lara Yeager-Crasselt.


2. Bernardino Luini (vers 1481-1532)
Vierge à l’Enfant avec saint Georges et un ange musicien
Huile sur panneau - 103.5 x 79.5 cm
Vente Aguttes du 14 novembre 2019
Photo : Aguttes
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Si l’attribution à Bernardino Luini, l’un des meilleurs élèves de Léonard de Vinci, de la Vierge à l’enfant présentée par Aguttes (ill. 2), un jour plus tôt, le 14 novembre, n’a jamais été discutée - il a été vendu récemment à Londres sous ce nom par Christie’s - sa récente restauration, qui a consisté en l’enlèvement de repeints débordants et en un allègement de vernis, lui a rendu tout son lustre. La spécialiste de l’artiste, Cristina Quattrini, qui ne le connaissait jusque là que sur photo, a depuis pleinement endossé cette attribution et inclura le tableau dans le catalogue raisonné qui paraîtra très prochainement.


3. Artemisia Gentileschi (1593-vers 1652)
Lucrèce
Huile sur toile - 96,50 x 75 cm
Vente Artcurial du 13 novembre 2019
Photo : Artcurial
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Une autre peinture italienne, du XVIIe siècle cette fois, sera mise en vente demain 13 novembre chez Artcurial. Il s’agit d’une Lucrèce par Artemisia Gentileschi (ill. 3), le deuxième tableau de sa main en très peu de temps à passer aux enchères à Paris après celui finalement acquis par la National Gallery de Londres (voir la brève du 6/7/18). Rappelons que ni le Louvre, ni d’ailleurs aucun musée français ne possèdent de tableau d’Artemisia qui, si elle est loin des qualités de peintre de son père, reste une artiste caravagesque notable qui mériterait assurément d’être représentée dans les collections nationales.


4. Attribué à Francesco di Bartelomeo Bordoni (1574-1654)
Paul Phélypeaux, Seigneur de Pontchartrain (1569-1621)
Buste en bronze à patine brune sur piédouche en marbre bleu turquin - 70,5 x 66 x 32 cm
Vente De Baecque du 20 novembre 2019
Photo : De Baecque
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Nous terminerons cette brève revue des œuvres phares (il y en a beaucoup d’autres, et nous y reviendrons dans la recension des ventes à venir) qui seront soumises au feu des enchères ces jours-ci par une sculpture majeure, un buste en bronze représentant Paul Phélypeaux de Pontchartrain (ill. 4) , que présentera la SVV de Baecque le 20 novembre. L’attribution à Francesco Bordoni, sculpteur italien naturalisé français, ne fait pas l’unanimité et certains avancent d’autres noms comme celui de Barthélémy Tremblay. Il reste que, quel que soit son auteur, il s’agit d’un chef-d’œuvre de la sculpture française du début du XVIIe siècle et qu’on ne comprend pas comment celle-ci, qui d’après le catalogue de la vente se trouvait autrefois dans l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, a pu obtenir sans coup férir son certificat d’exportation. Attendons pour nous indigner que la vente passe, car on peut toujours espérer que celui-ci soit acquis par le Louvre. Il reste que son estimation basse risque d’être pulvérisée tant l’œuvre nous semble correspondre à tout ce que recherchent les musées. Souhaitons que nous n’ayons pas à traverser l’Atlantique pour la voir à nouveau.

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