Le Cimabue vendu 24 millions, mais sans certificat d’exportation

27/10/19 - Vente aux enchères - Cimabue - 19,5 millions d’euros au marteau, soit au total 24,18 millions avec les frais. Le panneau de Cimabue (voir la brève du 23/9/19) a donc trouvé preneur cette après-midi à Senlis pour un prix qui n’est pas étonnant pour une œuvre aussi rare. Si le Louvre, dont un conservateur se trouvait dans la salle, était prêt à préempter - la rumeur courait depuis quelques jours - le montant était sans doute trop élevé pour l’acquérir ainsi.


Cenni di Pepo, dit Cimabue (connu de 1272 à 1302)
La Dérision du Christ
Tempéra et or sur panneau - 24,6 x 19,6 cm
Vente à Senlis le 27 octobre 2019 pour 24 millions (frais compris)
Photo : Actéon
Voir l´image dans sa page

Il reste que le panneau ne bénéficie pas encore de son certificat d’exportation, le commissaire-priseur n’en ayant fait la demande qu’à peine deux semaines avant la vente. Ce choix est de leur responsabilité, et on espère que cela n’aura pas pour effet d’empêcher le classement trésor national. On ne sait, bien entendu, de quel montant disposait le Louvre pour le préempter, mais si l’on y rajoute ce que le musée peut récolter grâce au mécénat (voir l’interview de Philippe Préval), avec une déduction fiscale de 90%, le Louvre aura beaucoup de temps pour acquérir l’œuvre : à partir d’aujourd’hui, le ministère dispose encore de trois mois et demi pour refuser le certificat, et cela ouvre une période de deux ans et demi pour trouver l’argent.

Cela sera d’autant plus facile que le prix ne pourra guère être discuté : selon un tweet de Carole Blumenfeld, qui semble bien informée, l’acheteur n’est autre que la collection Alana, collection privée conservée aux États-Unis (et dont une partie est exposée actuellement au Musée Jacquemart-André). Les acheteurs de Primitifs italiens, à ce prix, ne sont pas en France, et il est clair que ce montant correspond au marché international, d’autant que le Metropolitan Museum, dont on se rappelle qu’il avait acquis il y a quinze ans un panneau de Duccio (voir la brève du 10/11/04), était aussi sur les rangs. C’est donc ce prix qui devrait logiquement être fixé pour l’acquisition par le Louvre.

Attendons, désormais, pour savoir si ce certificat sera, ou non, accordé. On comprendrait difficilement qu’il le soit, le Louvre ayant désormais tous les atouts dans sa manche pour l’acheter.

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.