Quatre dessins de Bernard Picart achetés par Port-Royal

Bénédicte Bonnet Saint-Georges

13/2/19 - Acquisition - Magny-les-Hameaux, Musée national de Port-Royal - Bernard Picart fera l’objet d’une exposition au Musée de Port-Royal des Champs à partir du 21 mars prochain. Organisée à l’occasion du Salon du dessin, elle mettra en valeur les talents de dessinateur de ce graveur qui fit carrière en fournissant des illustrations aux éditeurs hollandais.
En effet, Bernard Picart, qui fut à Paris l’élève de son père Etienne Picart, de Benoit Audran et de Sébastien Leclerc, effectua un premier voyage aux Pays-Bas en 1696-1698 avant de s’y installer en 1710.


1. Bernard Picart (1673-1733)
Vision de saint Pierre, vers 1700
Sanguine, lavis de sanguine - 14,8 x 21,6 cm
Magny-les-Hameaux,
Musée national de Port-Royal
Photo : Galerie Terrades
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2. Bernard Picart (1673-1733)
La Conversion de Corneille le centenier
Sanguine, lavis de sanguine - 15 x 21,9 cm
Magny-les-Hameaux,
Musée national de Port-Royal
Photo : Galerie Terrades
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Le musée a récemment acquis quatre sanguines de sa main qui figureront dans l’exposition, quatre compositions illustrant les Actes des Apôtres pour la Bible dite de Mortier. C’est le théologien et pasteur calviniste David Martin qui fut chargé d’entreprendre une nouvelle traduction commentée de L’Histoire du Vieux et du Nouveau Testament publiée par Pierre Mortier à Amsterdam en 1700. Plusieurs artistes participèrent à son illustration, dont Picart qui fournit une cinquantaine de dessins pour le Livre des Prophètes de l’Ancien Testament et pour les Actes des Apôtres. Il conçut d’abord ses compositions rapidement à la sanguine avant de réaliser des dessins définitifs à la plume, à l’encre noire et au lavis gris destinés au graveur.

Trois de ces sanguines pour les Actes des Apôtres ont été achetées à la galerie Terrades, le quatrième à la galerie Paul Prouté. Elles mettent en place les compositions de La Vision de saint Pierre, de La Conversion de Corneille le centenier, de Saint Paul à Éphèse et, enfin, de Paul et Silas en prison ([ill. 1 à 4).

À Joppé, saint Pierre eut une vision : une grande toile descendit vers lui, contenant des quadrupèdes, des bêtes sauvages, des reptiles et des oiseaux. Il entendit une voix : « Lève-toi, Pierre, tue et mange ». Mais il refusa, affirmant que jamais rien de souillé ou d’impur n’était entré dans sa bouche : « Ce que Dieu a purifié, toi ne l’appelle pas souillé ».
A Césarée, le centurion Corneille, homme juste, est considéré comme le premier gentil à s’être converti. Après qu’un ange lui parla en songe, il invita saint Pierre chez lui.


3. Bernard Picart (1673-1733)
Saint Paul à Éphèse, vers 1700
Sanguine, lavis de sanguine - 13,7 x 20,5 cm
Photo : Galerie Terrades
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4. Bernard Picart (1673-1733)
Paul et Silas en prison, vers 1700
Sanguine, lavis de sanguine
et crayon graphite - 15 x 20,4 cm
Photo : Galerie Paul Prouté
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Paul, à Éphèse, harangua les foules dans la rue. La composition de Picart n’est pas sans rappeler celle de Le Sueur. À Philippes, l’apôtre et son compagnon Silas furent emprisonnés. Un tremblement de terre provoqua l’ouverture des portes de la prison. Persuadé que les prisonniers s’étaient enfuis, le gardien tira son épée, prêt à se tuer, ; mais Paul l’arrêta et lui dit : « Ne te fais pas de mal, car nous sommes tous ici. » Et le gardien se précipita aux pieds de Paul et de Silas leur demandant ce qu’il devait faire pour être sauvé. La feuille fut un temps attribuée à Sébastien Leclerc comme cela arrive parfois. Elle a été gravée par Hendrik Elandt.

Ces dessins rejoignent au musée l’intégralité des dessins préparatoires de Picart pour les gravures dédiées à la vie du Bienheureux Pâris, ainsi qu’une Allégorie de la Foi terrassant l’Ignorance, acquise au Salon du dessin en 2017 (voir la brève).

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