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Odilon Redon. La littérature et la musique

Bénédicte Bonnet Saint-Georges

Otterlo, The Kröller-Müller Museum, du 2 juin au 9 septembre 2018

1. Odilon Redon (1840-1916)
Pégase , 1895-1900
Pastel - 67,4 x 48,7 cm
Collection privée
Photo : bbsg
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Comme le vers d’un poème doit être « plus vague et plus soluble dans l’air » [1], le titre d’une toile ou d’une feuille n’est, selon Odilon Redon, « justifié que lorsqu’il est vague, indéterminé, et visant même confusément à l’équivoque. » Quant aux œuvres elles-mêmes, elles « nous placent, ainsi que la musique, dans le monde ambigu de l’indéterminé.  » Et l’on découvre que Redon était d’abord poète et musicien avant d’être peintre et dessinateur. C’est ce que suggère l’exposition du Kröller Müller Museum.
Les commissaires ont pour ce faire largement puisé dans le fonds du musée, Helen Kröller Müller ayant accumulé peintures, pastels, dessins et lithographies du maître entre 1912 et 1930, complétés ensuite par des acquisitions, l’une d’elles, toute récente, est visible dans le parcours (voir la brève du 5/6/18). Des emprunts enrichissent cet ensemble, notamment quelque 160 œuvres issues d’une collection privée. C’est donc l’occasion d’admirer des compositions plus rarement visibles du public.

Redon fréquenta le salon littéraire et musical de Madame Berthe de Rayssac. Il y rencontra Ernest Chausson aux côtés duquel il joua de la musique de chambre, étant lui-même excellent violoniste. Il comptait également Stéphane Mallarmé parmi ses amis qui, quant à lui, jalousait les légendes de ses lithographies, plus particulièrement celles de la série Hommage à Goya [2] ; mises bout à bout, elles composent un poème en prose.
Pégase, symbole de l’inspiration poétique – ne dit-on pas « enfourcher Pégase » ou « Pégase est rétif » » selon que l’on ait ou pas l’inspiration ?- est d’ailleurs une figure inlassablement reprise par le peintre (ill. 1). Plus que l’inspiration divine, le cheval ailé incarne chez Redon la volonté seule de l’artiste [3], sa lutte pour s’élever au-dessus de la réalité (et du réalisme) piétinant un monstre…

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