Marc-Olivier Wahler nommé à la tête du Musée d’art et d’histoire de Genève

Julie Demarle

6/6/19 - Nomination - Genève, Musée d’art et d’histoire - Marc-Olivier Wahler succèdera à Jean-Yves Marin à la tête du Musée d’art et d’histoire de Genève à partir du premier novembre prochain. Il prendra alors la direction d’un des cinq sites du pôle muséal genevois également constitué du Cabinet d’arts graphiques, de la Bibliothèque d’art et d’archéologie, de la Maison Tavel et du Rath - espace d’exposition temporaire du Musée d’art et d’histoire -. Il gèrera des collections d’archéologie, d’arts appliqués et de beaux-arts d’une grande diversité, couvrant l’art occidental de la préhistoire à l’époque contemporaine.


Marc-Olivier Wahler
Genève, Musée d’art et d’histoire
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En janvier dernier, Marc-Olivier Wahler démissionnait, pour des raisons familiales, de son poste de directeur du MSU Broad Art Museum à la Michigan State University qu’il occupait depuis février 2016 et se lançait dans un nouveau projet de centre d’art à Paris, le Paris Art Lab. Ancien directeur du Palais de Tokyo à Paris (2006-2012) et du Swiss Institute à New York (2000-2006) mais aussi co-fondateur du Centre d’Art de Neuchâtel (CAN) en 1995 et fondateur de la société artistique Chalet Society à Paris en 2012, son profil est définitivement contemporain. Les nombreuses expositions qu’il a organisées en tant que conservateur ou commissaire indépendant tout comme ses publications, son activité de critique d’art ou le Prix Meret Oppenheim qui lui fut attribué en 2013 (prestigieuse distinction suisse dans le secteur de l’art contemporain) en témoignent. Seul dénote son premier poste de conservateur au Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne en 1993, qu’il quitta cependant rapidement pour le MAMCO (Musée d’art moderne et contemporain de Genève).

Outre la difficulté qu’il pourrait rencontrer face à des collections pluridisciplinaires éloignées de son domaine de prédilection, Marc-Olivier Wahler hérite d’un musée municipal d’art et d’histoire dont les nécessaires rénovation et agrandissement cristallisent depuis maintenant dix ans - si ce n’est vingt ans, depuis la réponse, retenue, de Jean Nouvel à l’appel d’offres de 2000 - de multiples tensions (voir nos articles à ce sujet ici et ici). Ce projet - qui ne respectait ni le cahier des charges ni le budget de l’appel d’offres -, adjoint en 2010 d’un mécénat intéressé du collectionneur milliardaire Jean-Claude Gandur avait été définitivement écarté en 2016 par un référendum local. Depuis un nouvel accrochage des salles beaux-arts avait malgré tout été entrepris et un rapport final sur le futur musée fut rendu en juin 2018 par une commission d’experts. Sa fiche de poste l’annonce, le nouveau directeur devra se l’approprier tout comme il devra se conformer au jeu politique du Département de la Culture et de la Ville de Genève [1]. Espérons que, refroidis par l’expérience précédente, tous préfèrent désormais une véritable réflexion muséale à un geste architectural spectaculaire. Le lancement du concours d’architecture est prévu en 2020 et le lauréat devrait être désigné début 2021. Les travaux commenceraient ensuite en 2023 et conduiraient à une réouverture envisagée en 2028.

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