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Lumières françaises, de la cour de Versailles à Agen

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Agen, Église des Jacobins, du 5 décembre 2025 au 8 mars 2026.

Déjà réputé pour ses collections de peinture française du XVIIIe siècle, le Musée des Beaux-Arts d’Agen a construit autour de celles-ci une exposition qui se hisse parmi les plus riches de l’année : sa densité laisse imaginer qu’on aurait pu la vendre « à la découpe » et en tirer en plusieurs manifestations. La disposition assez singulière du parcours, que d’impérieuses raisons de conservation exigent de structurer dans une série de boîtes qui se logent habilement dans l’ancienne église des Jacobins comme au moment de l’exposition Goya (voir l’article), permet presque aux visiteurs de s’y égarer, ou en tous cas de déambuler dans l’ordre de leur choix, ou bien de leur goût. Autour des tableaux saisis au château d’Aiguillon à la Révolution, socle fondateur du musée mais surtout de cette exposition, le parcours remonte aux origines de cette mythique collection aristocratique en évoquant les figures du cardinal de Richelieu et de sa nièce, la duchesse d’Aiguillon. Un arbre généalogique - plus que bienvenu - aide les visiteurs à se repérer dans cette nébuleuse nobiliaire, tandis qu’on admire le buste du ministre et le portrait de son héritière (ill. 1), exceptionnellement prêté par le Labirinto della Masone di Franco Maria Ricci de Parme. Chef-d’œuvre de Philippe de Champaigne, ce somptueux portrait de la nièce du cardinal est assez peu connu et peut à lui seul symboliser la réussite comme les défauts de l’exposition, riche de prêts éblouissants mais aux liens parfois ténus avec le château d’Aiguillon ou Agen.


1. Vue de l’exposition « Lumières françaises, de la cour de Versailles à Agen »
Photo : Alban Gilbert
2. Vue de l’exposition « Lumières françaises, de la cour de Versailles à Agen »
Photo : Alban Gilbert

On ne saurait pourtant se plaindre de profiter d’une exposition certes surabondante mais qui condense à la fois un aperçu séduisant des collections familiales, passant de la duchesse d’Aiguillon au duc Emmanuel-Armand, ministre de Louis XV et pierre angulaire du propos : le grand homme de la famille au XVIIIe siècle est logiquement présent à Agen, dont le musée s’attache à réunir les effigies (voir la brève du 2/8/19) et a su faire appel au château de Versailles pour évoquer sa vie et sa carrière. Celui-ci a dépêché un conservateur maison, Lionel Arsac ainsi que Delphine Desbourdes du Centre de recherche du château de Versailles : l’historienne de l’architecture livre plusieurs essais dans le catalogue sur le rôle de bâtisseur du duc d’Aiguillon. On doit également saluer la générosité des prêts du château, qui a donc envoyé en province d’éminents chefs-d’œuvre dont l’extraordinaire tête en porphyre (ill. 2) d’Alexandre le Grand, que la duchesse d’Aiguillon donna à François Girardon, qui l’enrichit d’une armure de marbre vert et de bronze doré : l’ensemble fut acheté pour le compte de Louis XV en 1738 et placé dans le Cabinet du…

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