Un tableau de Domenico Corvi pour Bayonne

Didier Rykner 1 1 commentaire

6/4/19 - Acquisition - Bayonne, Musée Bonnat-Helleu - Les musées français pouvaient (ou plutôt croyaient pouvoir) montrer jusque récemment un tableau de Domenico Corvi, L’Apparition de la Vierge à saint Joseph de Calasanz, un grand retable conservé au Musée Fesch d’Ajaccio. Mais cette œuvre a été reconnue ces dernières années comme une peinture due au pinceau de Pompeo Batoni (voir la brève du 19/7/17). Corvi, né à Viterbe en 1721 et formé par Francesco Mancini, fut en effet influencé par les deux artistes romains les plus importants de l’époque, Batoni et Mengs, ce qui peut expliquer cette confusion.


1. Domenico Corvi (1721-1803)
La Nativité
Huile sur toile - 32,5 x 40,5 cm
Bayonne, Musée Bonnat-Helleu
Photo : Galerie Jacques Leegenhoek
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Le Musée Bonnat de Bayonne vient d’acquérir auprès de la galerie Jacques Leegenhoek à Paris une Nativité (ill. 2), toile de jeunesse de Domenico Corvi, qui devient donc la première à entrer dans un musée français. Cette peinture répond aux caractéristiques du style de Corvi telles qu’elles sont signalées dans la fiche de l’œuvre de la galerie : y coexistent le rococo tardif dont témoignent par exemple les chérubins qui survolent l’enfant Jésus et le début du néoclassicisme. Il forma d’ailleurs deux des plus grands peintres néoclassiques de la fin du XVIIIe siècle à Rome, Vincenzo Camuccini et Giuseppe Cades.


2. Domenico Corvi (1721-1803)
La Nativité
Huile sur toile - 63 x 49 cm
Rome, Accademia Nazionale di San Lucca
Photo : Accademia Nazionale di San Lucca
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L’artiste fit la majeure partie de sa carrière à Rome, où il fut l’auteur de nombreux décors, notamment aux Palais Barberini, Doria et Borghese. Il existe une autre version de cette composition à l’Accademia de San Luca, en hauteur et qui présente de très nombreuses variantes (ill. 2) : seul le groupe de la Vierge et de l’enfant ainsi que le bœuf en bas à droite se retrouvant presque identique dans les deux tableaux.

Le Musée Helleu, bien que très riche en art italien, ne conserve que peu de peintures du XVIIIe siècle. Cette œuvre devrait rejoindre notamment un Sebastiano Conca, un Saint Jean-Baptiste attribué à Domenico Luti et une esquisse de plafond de Giovanni Battista Tiepolo dans le parcours du musée. Les travaux d’extension du Musée Bonnat, déjà fermé depuis près de huit ans, ont officiellement commencé en début d’année et sa réouverture est prévue en 2021. Mais ce planning - qui paraît effectivement très optimiste pour un tel chantier - ne semble pas convaincre l’Association des Amis de Paul César Helleu, exécutaires testamentaires de Paulette Howard-Johnston, la fille de l’artiste, qui a légué outre des œuvres de son père un important patrimoine immobilier en Suisse. Ceux-ci, d’après le Canard Enchaîné du 20 mars dernier, s’impatientent, à juste titre, et ont mis en demeure la municipalité de respecter les conditions du legs qui stipulent que la collection soit exposée (voir cet article sur le site Baskulture).

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