Deux esquisses par Hippolyte Flandrin et son atelier acquises par le Petit Palais

Didier Rykner

Le Musée du Petit Palais à Paris conserve une très importante collection d’esquisses du XIXe siècle préparatoires pour les décors muraux des bâtiments de la Ville, tant profanes que religieux. Cet ensemble mal connu, même si depuis peu le musée peut en présenter quelques-unes dans ses salles (mais pour l’instant pratiquement aucune esquisse religieuse), vient de s’enrichir de deux œuvres très importantes d’Hippolyte Flandrin et de son atelier.


1. Hippolyte Flandrin (1809-1864)
Esquisse d’ensemble du mur gauche du sanctuaire de
l’église Saint-Germain-des-Prés
, entre 1842 et 1846
Huile sur toile - 100 x 46,5 cm
Paris, Petit Palais
Photo : Galerie La Nouvelle Athènes
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2. Hippolyte Flandrin (1809-1864)
et son atelier
Modello d’ensemble du mur gauche du sanctuaire de
l’église Saint-Germain-des-Prés
, entre 1842 et 1846
Huile sur toile - 100,5 x 46,5 cm
Paris, Petit Palais
Photo : Galerie La Nouvelle Athènes
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Ces deux grandes esquisses à l’huile sur toile (ill. 1 et 2), provenant directement des descendants du peintre, étaient présentées par la galerie La Nouvelle Athènes dans leur exposition de novembre dernier. Les deux préparent l’intégralité du mur gauche du sanctuaire de l’église Saint-Germain-des-Prés (ill. 3) qui a fait l’objet récemment d’une magnifique restauration (voir l’article. Bien que de taille identique, ces œuvres sont néanmoins légèrement différentes tant dans leur qualité que dans leur rôle dans le processus d’élaboration de la peinture murale définitive, ce qui rend passionnant leur réunion définitive dans une même collection publique.


3. Hippolyte Flandrin (1809-1864)
Mur gauche du sanctuaire de l’église
Saint-Germain-des-Prés
, entre 1842 et 1846
Peinture murale
Paris, Église Saint-Germain-des-Prés
Photo : Didier Rykner
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Comme cela est d’ailleurs très bien expliqué dans le catalogue que l’on trouve en ligne et dont nous tirons l’essentiel des informations que nous donnons ici, la première esquisse, entièrement de la main d’Hippolyte Flandrin, représente l’invention de l’artiste pour cette paroi. Il s’agit au sens propre d’une esquisse préparatoire définissant la composition globale, qui pourra ensuite légèrement évoluer. La seconde esquisse constitue un modello, c’est-à-dire un modèle de présentation de l’œuvre telle qu’elle sera exactement réalisée sur le mur, présentant quelques différences avec l’œuvre précédente et réalisée avec la collaboration importante de l’atelier. On ne peut savoir qui, exactement, a participé à son élaboration, mais à cette époque les aides d’Hippolyte, outre son frère Paul qui est notamment l’auteur de la figure du Christ en prenant pour modèle son frère aîné, étaient Louis Lamothe et Joseph Pagnon. La notice du catalogue émet l’hypothèse que le groupe central de quatre figures est bien de la main d’Hippolyte, tandis que d’autres parties comme L’Entrée à Jérusalem, furent déléguées à son atelier.

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