Le Musée des Beaux-Arts d’Arras préempte un panneau maniériste

Bénédicte Bonnet Saint-Georges
École du Nord de la France
Auguste et la sibylle de Tibur, accompagnés de Sire Fremin Le Clercq, vers 1550
Panneau de chêne - 55 x 43,5 cm
Préempté par le Musée des Beaux-Arts d’Arras
Photo : Daguerre
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20/11/18 - Acquisition - Arras, Musée des beaux-Arts - Cet après-midi, le Musée des Beaux-Arts d’Arras a préempté un panneau maniériste de 1550 environ représentant Auguste et la sibylle de Tibur. Il a été adjugé 7 680 euros (frais inclus) lors d’une vente organisée par Daguerre à Drouot [1].

L’artiste est inconnu, mais la notice du catalogue de vente rapproche le style du maniérisme anversois ou du moins de son adaptation picarde. Une exposition au Louvre [2] avait brillamment mis en valeur l’importance des artistes flamands et hollandais sous le règne de François Ier, à travers notamment des œuvres du Maître d’Amiens.

L’histoire représentée fut diffusée par Jacques de Voragine : l’empereur Auguste interrogea la sibylle afin de savoir si quelqu’un de plus grand que lui verrait le jour. Et la sibylle, le jour de la Nativité, lui désigna la Vierge et l’enfant Jésus apparus dans le ciel, affirmant que ce nouveau-né serait le maître du monde. Une voix retentit « Voici l’autel du ciel » (ara coeli). Alors l’empereur renonça à être divinisé et fit construire sur le lieu de l’apparition un autel. L’artiste l’a montré à genoux, sa couronne posée à terre.
A droite, un autre personnage est identifié par un phylactère comme étant Sir Fremin Le Clercq, bourgeois d’Arras ; celui-ci est bien mentionné dans le registre des bourgeois de la ville à la date du 25 octobre 1548. Il est montré du doigt par un fou qui se tient au second plan et qui n’est pas sans rappeler le Fou regardant à travers ses doigts attribué au Maître de 1537 : il est comme lui coiffé d’un bonnet avec des oreilles d’âne et porte une marotte. Plusieurs oiseaux différents sont présents dans le tableau, qui ont sans doute une double signification en lien avec la vie de ce Fremin Leclercq « vaiant en esperance ».

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