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Le Baroque à Rome

Paris, École nationale supérieure des beaux-arts, Cabinet Jean Bonna, du 3 février au 24 avril 2022

Privés du Salon du Dessin et de sa myriade d’évènements, repoussés au mois de mai [1], les amateurs de jolies feuilles auraient pu se sentir désœuvrés alors que la capitale bruisse ordinairement de mille expositions dans ses musées, ses galeries et ses salles des ventes. Fort heureusement, quelques institutions résistent vaillamment à cette vague de reports imposés par la crise sanitaire et proposent de nouveaux accrochages dès le mois de mars : au Musée Condé, à Chantilly, c’est l’orientalisme qui est à l’honneur tandis que le Musée du Louvre vient d’inaugurer son exposition consacrée au mythique Libro de’ disegni de Giorgio Vasari. De son côté, l’École des beaux-arts de Paris fait coup double puisque deux expositions y attendent leurs visiteurs pendant les prochaines semaines.

Le Baroque à Rome

Au Cabinet Jean Bonna, trente-cinq feuilles témoignent avec éclat des fastes de la Rome baroque, paradoxalement assez peu exposée récemment puisque la dernière manifestation consacrée aux dessins romains du XVIIe siècle remonte à 2006-2007 : il s’agissait de l’étape toulousaine de la vaste exposition Le dessin en Italie dans les collections publiques françaises (voir l’article). Cinq [2] des feuilles qui ornent aujourd’hui les cimaises de l’École des beaux-arts avaient alors fait le voyage mais on n’y retrouvait aucun des quatre dessins du Cavalier d’Arpin avec lesquels commence l’accrochage : profitons donc de l’occasion pour les reproduire ici ! Artiste inégal mais dessinateur prolifique, il laissa un ensemble « sans équivalent pour la période par le nombre de feuilles conservées et la diversité des techniques adoptées » au sein duquel on admire tout particulièrement Hercule et Antée (ill. 1), puissante étude d’anatomie - pour ne pas dire de musculature - dont la monumentalité des figures est renforcée par l’association de la pierre noire et de la sanguine. Seule cette craie rouge est utilisée pour représenter le satyre Marsyas (ill. 2) déjà attaché à son arbre mais pas encore écorché vif par Apollon, qu’il avait eu l’imprudence de défier, dans une belle feuille où la posture du malheureux doit autant à l’antique - songeons au Torse du Belvédère - qu’aux célèbres ignudi de Michel-Ange à la Chapelle Sixtine.


1. Giuseppe Cesari, dit le Cavalier d’Arpin (1568-1640)
Hercule et Antée
Sanguine et pierre noire - 40,2 x 25,6 cm
Paris, École nationale supérieure des beaux-arts
Photo : ENSBA
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2. Giuseppe Cesari, dit le Cavalier d’Arpin (1568-1640)
Marsyas attaché à un arbre
Sanguine - 25,3 x 17,7 cm
Paris, École nationale supérieure des beaux-arts
Photo : ENSBA
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Les Cavalier d’Arpin de la collection de l’École des beaux-arts de Paris n’avaient pas été montrés depuis 1973, voire 1937 pour Hercule et Antée : profitons ainsi de l’occasion pour reproduire les deux autres dessins de l’artiste présentés dans cette exposition, en commençant par le Dieu Fleuve surprenant deux…

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