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Rennes 1922. La ville et ses artistes de la Belle Époque aux Années Folles

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Rennes, Musée des Beaux-Arts, du 5 février au 7 mai 2022.
Notons que cette exposition a lieu en même temps qu’une rétrospective André Devambez, remarquable, mais dont le catalogue n’est pas encore paru. Celle-ci, organisée par le Musée des Beaux-Arts de Rennes, sera reprise par le Musée du Petit Palais. Nous en parlerons donc à cette occasion, mais une visite de l’exposition 1922 se doublera avec profit de celle de Devambez.

Cette exposition pionnière s’intéresse à tout un pan de l’histoire de l’art qu’on ne regarde plus, voire que l’on méprise. On ne parlera pas ici des avant-gardes parisiennes : il s’agit de s’intéresser à l’art officiel de la fin du XIXe siècle et du début du XXe, et même de l’art officiel hors de Paris, dans une grande ville certes, mais en province. Bien malin serait celui qui pourrait - au moins avant cette exposition - parler de l’art à Rennes entre 1881 et 1931. Et pourtant, comme elle le démontre, cette époque y fut foisonnante pour la création artistique. Beaucoup d’œuvres ont disparu, ou sont conservées aujourd’hui dans des conditions précaires, mais certaines peuvent encore être sauvées. Ce n’est pas le moindre mérite de cette exposition : faire redécouvrir un patrimoine, et contribuer à le ressusciter. Le catalogue se conclut sur un dictionnaire des artistes ayant fréquenté l’école des Beaux-Arts de Rennes (comme élève ou professeur) et qui sont au moins un peu connus (parce que Rennes en conserve, parce qu’ils ont travaillé à l’École des Beaux-Arts de Paris ou enfin parce qu’ils étaient présents dans l’Exposition du cinquantenaire de l’école de Rennes en 1931) : l’auteur de ces lignes en connaissait 4 sur 115 ! Et l’un d’eux, Camille Godet, parce qu’il avait déjà fait l’objet d’une rétrospective (voir l’article).

Le choix de la date de 1922, clin d’œil pour un centenaire, n’est pas fortuit. C’est cette année là que se termine l’ambitieux chantier de décoration de l’Hôtel de Ville de Rennes, mené sous l’impulsion du maire Jean Janvier. Celle de 1881 n’est pas non plus prise au hasard : c’est l’année où les institutions qui partageaient le bâtiment du musée construit une trentaine d’années plus tôt commencent à quitter les lieux pour lui céder entièrement la place, et celle où l’école municipale des Beaux-Arts se transforme en école régionale, avec une partie importante consacrée à l’art décoratif et industriel. Un court essai sur les musées rappelle une terrible réalité : victime d’un désintérêt largement partagé, y compris par ceux - les conservateurs - qui sont censés les protéger, certaines collections se sont abimées, voire ont disparu en grande partie, dont beaucoup de sculptures en plâtre après la seconde guerre mondiale… Ces destructions muséales ne sont d’ailleurs pas les seules : plus rien n’est conservé des collections de l’école régionale des Beaux-Arts, et le musée technique qu’elle abritait (composé notamment de nombreuses maquettes d’ouvrages d’art) a également entièrement disparu sans qu’on sache exactement quand ni dans quelles circonstances.


1. Jules Ronsin (1867-1937)
La Visitation, 1889
Huile sur toile - 40 x 32 cm
Paris, École nationale supérieure des beaux-arts
Photo : Didier Rykner
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2. Jules Ronsin (1867-1937)
Aux glorieux enfants de la patrie bretonne, vers 1912
Huile sur toile - 65 x 50 cm
Rennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner
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