La Grande Chaumière en danger

L’Académie de la Grande Chaumière,
14, rue de la Grande Chaumière à Paris
Photo : Mu (CC BY-SA 3.0)
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15/9/18 - Patrimoine - Paris, Atelier de la Grande Chaumière - L’Académie de la Grande Chaumière appartient à l’histoire de Paris et de l’art du XXe siècle. Fondé en 1904 par la Suissesse Martha Stettler, repris en 1957 par la famille Charpentier, cet atelier libre de peinture et de dessin d’après modèle vivant, qui accueille encore aujourd’hui des centaines de jeunes artistes du monde entier, est trop connu des amoureux d’art pour qu’on en rappelle l’histoire en détail. Située dans la rue dont elle tient son nom à Montparnasse, souvenons-nous seulement que la Grande Chaumière eut pour professeurs, entre autres, Bourdelle, Zadkine, Despiau, Eugène Grasset, René Ménard, Lucien Simon, Maurice Denis, Jacques-Émile Blanche, André Dauchez, Walter Sickert, Fernand Léger et André Lhote, et que parmi ceux des artistes qui y étudièrent figurent Giacometti, Calder, Louise Bourgeois, Germaine Richier, Tamara de Lempicka, Balthus, Modigliani, Poliakoff, Riopelle, Rebeyrolle, Zao Wou-Ki, Eileen Gray, Meret Oppenheim, mais aussi Serge Rezvani et Serge Gainsbourg.

Ce lieu à la fois historique et vivant est aujourd’hui menacé. Après le décès en 2017 d’Yves Salats, notaire à la retraite et propriétaire du bâtiment, ses légataires (trois personnes morales à savoir La Fondation Notre-Dame - Les Bernardins, Les Apprentis d’Auteuil et l’Association de prévoyance du notariat de France) mettent en vente l’immeuble en différents lots (studios, appartements, atelier etc..). Ne bénéficiant d’aucune protection au titre des monuments historiques, cet ensemble pourrait fort bien susciter l’appétit des promoteurs immobiliers, hôteliers et autres marchands de fripes. Sa situation dans le quartier très prisé de la rue Notre Dame des Champs et du boulevard du Montparnasse en fait une proie à de nombreux égards désirable. L’inquiétude est donc grande au sein de l’Académie, de ses élèves et de tous ceux qui sont attachés à ce haut lieu de la vie artistique parisienne depuis plus d’un siècle. Rien ne semble garantir la poursuite de l’activité et des différents baux lorsque ces ventes auront eu lieu, à la bougie, au début du mois d’octobre 2018 par Me Hamou, notaire. Une pétition a d‘ores et déjà recueilli plus de 10.500 signatures pour alerter l’opinion sur la menace qui pèse sur la Grande Chaumière.

On ne peut que regretter que les nouveaux propriétaires, en particulier les Apprentis d’Auteuil et la Fondation Notre Dame, œuvres à caractère spirituel, caritatif et éducatif, n’aient pas hésité un instant avant de décider de se dessaisir d’un lieu aussi chargé de sens du point de vue d’un humanisme auquel de telles « œuvres » devraient être sensibles. La Tribune de l’Art s’associe évidemment aux efforts de tous ceux qui souhaiteront défendre La Grande Chaumière.

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